Se dérober au réel nous fossilise. Aller à sa rencontre nous permet de grandir.

Se dérober au réel nous fossilise. Aller à sa rencontre nous permet de grandir.

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Petites histoires d'estime de soi
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On ne peut pas, au nom de la culture, figer les choses ! Sinon ça devient de l’archéologie.
Qui sait si toute notre culture n’est pas une hypertrophie, un écart, un développement insoutenable, qu’une ou deux centaines de siècles aura suffit à produire et à épuiser ?
L’évolution n’est pas une simple éclosion sans peine et sans lutte, comme celle de la vie organique, mais le travail dur et forcé sur soi-même.
Notre destin, quand nous voulons l’isoler, ressemble à ces plantes qu’il est impossible d’arracher avec toutes leurs racines.
Quelle était la nature de cet invisible héritage lestant nos aubes avant de se dissoudre dans le rythme forcené des journées, toujours susceptible de resurgir au petit malheur la chance ?
Le mystérieux pouvoir de la pensée et du psychisme humain n’est encore qu’au premier échelon de la barrière de l’évolution et reste et gagne à être découvert.
Nous ne sommes que prétexte dans le paysage au passage de la vie et de l’ailleurs.
À force de vouloir rechercher les origines, on devient écrevisse. L’historien voit en arrière ; il finit par croire en arrière.
Les idées me font parfois penser aux graines trouvées sous les glaciers après des millénaires, qui redeviennent fécondes dès qu’elles sont rendues à l’air libre et à la lumière, et se remettent à vivre, à s’épanouir et à triompher.
C’est comme un animal, l’âge, monsieur. C’est un animal qui grandit, qui grandit, qui grandit encore et qui finit par vous dévorer tout vivant.

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