Au début du monde, l’injustice était minime. Mais chaque génération a fini par y ajouter sa part, trouvant toujours que cela n’avait guère d’importance, et voyez ou nous en sommes aujourd’hui.
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- Plus que la faim, la soif, le chômage, la souffrance d’amour, le désespoir de la défaite, le pire de tout, c’est de sentir que personne, mais absolument personne en ce monde, ne s’intéresse à nous.
- La jeunesse n’ose pas se regarder au miroir de la conscience quand elle verse du côté de l’injustice, tandis que l’âge mûr s’y est vu : là gît toute la différence entre ces deux phases de la vie.
- Le Progrès est l’injustice que chaque génération commet à l’égard de celle qui l’a précédée.
- Il se commettrait peu de crimes, si les témoins de l’injustice n’en étaient pas moins indignés que les malheureux qui en sont les victimes.
- Une injustice n’est rien, si on parvient à l’oublier.
- Dans le petit monde où vivent les enfants, qui que ce soit qui les élève, il n’y a rien de si finement perçu et de si finement ressenti que l’injustice.
- Malheureuse contrée, où les marques de génération sont ignominieuses, et où celles d’anéantissement sont honorables, comme s’il y avait quelque chose de plus glorieux que de donner la vie.
- Mais je ne vois pas de solution parce que aujourd’hui, être jeune, ce n’est pas seulement un moment de la vie, c’est une condition de survie. Ce n’était pas comme ça, avant !
- Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.
- Mais enfin l’on condamnait et châtiait quelques rares individus, tandis que nous, la génération suivante, nous nous renfermions dans le silence et l’horreur, de la honte et de la culpabilité : et voilà, c’était tout ?
- Le monde cède au bluff. Même le monde le plus sérieux, le plus rigide, même le vieil ordre, s’il ne cède jamais à l’exigence de justice, s’il ne plie jamais devant le peuple qui s’insurge, plie devant le bluff.
- Je veux dire que le monde entier est moins intéressant qu’avant. Il y a de plus en plus de gens à avoir suffisamment d’études ou de culture pour qu’on puisse s’étonner qu’ils soient si cons.
- Nous ne sommes pas libres, nous sommes attachés au passé. Nous écoutons ce qui a été fait toujours, nous le refaisons et c’est la guerre et l’injustice.
- Rien ne change en fin de compte. On croit devenir adulte mais à part le corps et les soucis, on reste les mêmes qu’il y a trente ans.
- Ainsi va le monde : l’insouciance de la jeunesse cédant le pas à la nécessité de payer ses factures et d’assumer ses responsabilités, nous sommes tous voués à reprendre le modèle que, durant notre adolescence, nous nous étions jurés de ne jamais répéter.