Il est bien dur, ajouta-t-elle, que mon mari, un homme sur l’affection duquel je croyais pouvoir compter, me traite aussi disgracieusement et ne satisfasse point à ma fantaisie.
Écrivain, 1802-1870Il est bien dur, ajouta-t-elle, que mon mari, un homme sur l’affection duquel je croyais pouvoir compter, me traite aussi disgracieusement et ne satisfasse point à ma fantaisie.
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Source vérifiée
Les Trois Mousquetaires (1844), chapitre 17
Le texte original diffère de quelques mots.
— Eh bien, soit! dit-elle. Peut-être, au bout du compte, avez-vous raison; un homme en sait plus long que les femmes en politique, et vous surtout, M. Bonacieux, qui avez causé avec le cardinal. Et cependantil est bien dur, ajouta-t-elle, que mon mari, un homme sur l’affection duquel je croyais pouvoir compter, me traite aussi disgracieusement et ne satisfasse point à ma fantaisie.
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Ah ! quel dommage qu’on ne puisse pas avoir un amant sans tromper son mari.
Je vous disais : sa bonne conscience m’enrage. Le mot n’est pas exact. Ce qui m’horripile est plutôt son idée des liens indestructibles du mariage.
On méprise un homme qui est jaloux de sa femme, parce que c’est un témoignage qu’il ne l’aime pas de la bonne sorte, et qu’il a mauvaise opinion de soi ou d’elle. Je dis qu’il ne l’aime pas de la bonne sorte ; car, s’il avait une vraie amour pour elle, il n’aurait aucune inclination à s’en défier ; mais ce n’est pas proprement elle qu’il aime, c’est seulement le bien qu’il imagine consister à en avoir seul la possession.
Une tromperie bien intentionnée n’accroît-elle pas toujours l’affection ? Les maris ne sont jamais plus affectueux qu’après l’adultère occasionnel si indispensable à une vie conjugale bien équilibrée.
Pour ma part, je trouvais plus honnête qu’une femme suivît librement et passionnément son instinct, au lieu, comme c’est généralement le cas, de tromper son mari dans ses propres bras, les yeux fermés.
Un amour sans discernement est, chez un mari, une faute qui peut préparer tous les crimes d’une femme !
J’ai éprouvé dans la suite que rien n’est plus capable d’inspirer du courage à une femme que l’intrépidité d’un homme qu’elle aime.
Si le mariage était une folie comme l’amour, je le hasarderais plus volontiers.
J’ai supporté les infidélités de mon mari tant que j’ai aimé mon amant.
Je comprenais l’amour conjugal autrement que ne le comprend la plupart des hommes, et je trouvais que sa beauté, que sa magnificence gît précisément en ces choses qui le font périr dans une foule de ménages.

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