Si Bernard Pivot prend sa retraite, c’est sûrement parce qu’il a envie d’avoir un peu de temps pour lire…
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Quand il veut être grivois, il cite du Pétrone : c’est une manière d’échapper à notre temps ; tout son effort tend à se désincarner.
La question n’est pas de savoir si j’ai le temps de lire ou pas […], mais si je m’offre ou non le bonheur d’être lecteur.
S’il s’agissait d’un roman, le plus brillant écrivain lui-même pourrait-il réussir à faire croire à ses lecteurs qu’aussi peu de temps avait suffi à soumettre l’orgueil et à surmonter les préjugés ?
Vieillir, c’est perdre du temps. Et c’est assister à son passage.
La vie lui semble si douce tout d’un coup, de ces moments où l’on se dit que l’on ferait bien une pause ici, que l’on arrêterait le marque-page de sa vie à cet instant précis.
Pépin le Bref est mort depuis bientôt mille ans.
Moralité :
Quand on est mort c’est pour longtemps.
« Je sens une difficulté d’être. » C’est ce que répond Fontenelle, centenaire, lorsqu’il va mourir et que son médecin lui demande : « M. Fontenelle, que sentez-vous ? » Seulement la sienne est de la dernière heure. La mienne date de toujours.
Vous avez beau dire que vous n’avez plus de visage à offrir à M. Pigal (qui allait à Ferney, pour la statue de Voltaire) ; le génie, tant qu’il respire, a toujours un visage que le génie, son confrère, sait bien trouver.
Ce n’est pas difficile, d’être exquis de temps en temps ; mais l’être toute sa vie !…
Abruti, vieilli, sentant ma pensée à son étiage.

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