Abruti, vieilli, sentant ma pensée à son étiage.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Abruti, vieilli, sentant ma pensée à son étiage.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Journal (1922)
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Mon Dieu ! Que la vieillesse est donc un meuble inconfortable !
La vieillesse est un alibi.
La marquise Guy de Ruy – une vieille mécontente, aux yeux bleus, froids et affilés, mais moins froids que son cœur et moins affilés que son esprit.
En élevant un enfant, songez à sa vieillesse.
Je ne suis plus qu’une vieille bûche vermoulue et pourrie gisant sur le rivage du temps, d’où le ressac m’emportera bientôt. Et nul ne pleurera ma disparition.
Madame de la Vieuxtour :
Il a eu sur la charité des pensées si touchantes, si nouvelles !
Je ne laisse pas entrer le vieil homme. Je me tiens occupé. Il faut rester actif, vivant, heureux, fort, capable. Je ne laisse pas entrer le vieux critique, hostile, envieux, bavard, plein de colère et de plaintes, de manque de courage, qui se nie à lui-même que la vieillesse peut être créative, décisive, pleine de lumière et de projection.
Un jeune homme qui est incapable de commettre une folie est déjà un vieil homme.
Le philosophe doit regarder la vieillesse comme un préjugé.
La nostalgie est ma plaie ouverte et je ne peux m’empêcher d’y fourrer ma plume. L’absence me culpabilise, le blues me mine, la solitude lèche mes joues de sa longue langue glacée.

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