Avoir entrevu la mort lui enlève beaucoup de prestige.
Écrivaine, 1935-2004Source : Je ne renie rien, éd. Stock
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
Avoir entrevu la mort lui enlève beaucoup de prestige.
Écrivaine, 1935-2004Source : Je ne renie rien, éd. Stock
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
Partager sur
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
La mort engloutit l’homme, elle n’engloutit pas son nom et sa réputation.
Sa disparition déchire le cœur de ceux qui l’ont admiré et aimé. Il a été l’un des acteurs les plus brillants de sa génération.
L’étonnant, c’est qu’il ait souffert si longtemps : il usurpait sa vie.
La mortification lui rend la mort familière ; le détachement des plaisirs le désaccoutume du corps, il n’a point de peine à s’en séparer ; il a déjà depuis fort longtemps, ou dénoué ou rompu les liens les plus délicats qui nous y attachent.
Fruit sec des concours, il regrettait Paris, et c’était la conscience de sa vie manquée qui lui donnait un air morose.
Quelle disproportion entre la valeur réelle d’une actrice et sa gloire, entre sa besogne et le bruit qu’elle fait, et comme il est juste qu’il ne reste rien d’elle après sa mort !
La mort d’un homme de talent m’attriste toujours, puisque le monde en a plus besoin que le ciel.
Nous l’avons vu mourir fort âgé et oublié, comme il arrive à tous ceux qui n’ont eu que de grands événements sans avoir fait de grandes choses.
Voilà la vraye cause qui l’incita à conspirer et machiner la mort de la royne.
L’idéal quand on veut être admiré, c’est d’être mort.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.