On a aussi peu de liberté maintenant qu’il y a vingt ans : faire l’amour était alors interdit aux jeunes filles; maintenant c’est presque devenu obligatoire. Les tabous sont les mêmes.
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- L’amour parlé ne vaut pas l’amour prouvé; toutes les jeunes filles de vingt ans en ont cinquante pour pratiquer cet axiome. Là est le grand argument des séducteurs.
- La chair des mots d’amour, s’était putréfiée au fil des ans. Que voulait dire aimer sans les baisers, les caresses, sans les plaisirs que les sexes se donnent l’un à l’autre, s’offrent jusqu’à l’épuisement.
- Tu ne peux pas aimer une femme, un homme, sans les avoir d’abord inventés, tu ne peux pas aimer l’autre sans l’avoir d’abord inventé, imaginé, parce qu’une belle histoire d’amour, ce sont d’abord deux êtres qui s’inventent, ce qui rend la part de réalité acceptable, et indispensable même, comme matériau de départ. Ce qu’on appelait jadis le « grand amour », c’est le dévouement pendant toute une vie et souvent jusqu’à l’extrême vieillesse de deux êtres à cette œuvre d’imagination qu’ils ont créé ensemble et réciproquement, deux êtres qui se sont d’abord inventés….
- Pour des raisons optiques et animales, l’amour sexuel est moins transparent que beaucoup d’autres choses nettement plus compliquées.
- Dès qu’on quitte l’adolescence, on est censé devenir raisonnable on admet que l’amour doit avoir des limites. Et on cesse ainsi d’aimer complètement.
- Je crains que, faute d’éducation, les jeunes filles d’aujourd’hui ne sachent pas aimer. L’amour exige certaines préparations, une retenue, des réserves, une rêverie préalable, comme une religion qui a été tôt déposée dans le coeur.
- En général, les filles pensent que rien ne vaut un bon conflit pour se prouver qu’un amour existe.
- On peut dissocier l’amour du sexe tout en sachant que, si le désir peut être satisfait sans amour, l’amour ne peut s’exprimer sans désir. C’est un choix.
- La seule prison des femmes, c’est l’amour. Elles seront toujours victimes de leur sentimentalisme. Un siècle de combats n’a rien pu faire contre cette faiblesse chronique.
- Et, dans l’amour, il n’existe pas de règles. Nous pouvons bien essayer de suivre des manuels, de contrôler notre coeur, d’avoir une stratégie de comportement, tout cela ne sert à rien. C’est le coeur qui décide, et ce qu’il décide fait loi.
- L’amour n’est qu’une convention fortuite, plus ou moins durable, et dans laquelle le passé surtout garde tous ses droits. Le passé on le fouille, on le commente, on l’épluche, puis ensuite on le calomnie. Cette partie de sa vie nul n’a aucun droit.
- A vingt ans, l’amour est inconditionnel, irraisonné, passionné. On le croit éternel, on n’imagine pas qu’il puisse s’arrêter. Les certitudes sont vissées au corps, les promesses s’additionnent aux projets.
- Par amour pour les hommes, on embrasse quelquefois un être quelconque (parce qu’on ne peut les embrasser tous) : mais c’est précisément ce qu’il ne faut pas révéler à cet être quelconque...
- Rien n’est pur ou impur de soi. La même salive fait le crachat ou le baiser; le même désir fait le viol ou l’amour. Ce n’est pas le sexe qui est impur : c’est la force, la contrainte.
- Je ne sais pas à quel moment j’ai pris conscience que ce n’était pas seulement la question d’être libre mais que le combat des femmes serait collectif ou ne serait pas. Parmi les revendications, la plus urgente était le droit d’avoir des enfants ou pas.