Je m’abandonnais parfois à des mouvements d’impatience. J’explosais en vulgarités qui débondent.
Romancier, 1910-1997Je m’abandonnais parfois à des mouvements d’impatience. J’explosais en vulgarités qui débondent.
Romancier, 1910-1997Partager sur
Source vérifiée
Le maif sous les drapeaux
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
La vie commence à ne plus m’intéresser, j’ai d’ailleurs songé quelques fois à me supprimer, n’y renonçant que faute de courage.
J’étais passé de la colère à la stupéfaction, de la stupéfaction au doute, du doute à la compréhension, de la compréhension à l’acceptation, de l’acceptation à la reconnaissance, de la reconnaissance à l’admiration.
Guérir de l’ennui par la stupeur.
J’ai la passion innée de contredire les gens, toute mon existence ne fut en somme qu’une suite de contradictions malheureuses entre mon cœur et mon cerveau, la présence d’un enthousiaste me glace.
En politique, j’ai accédé au stade jubilatoire de la désillusion.
Un jour cependant, ce faquin de marquis se permit de répliquer, en pleine étude, avec une insolence telle que je perdis toute patience.
L’esprit du doute, suspendu sur ma tête, venait de me verser dans les veines une goutte de poison ; la vapeur m’en montait au cerveau, et je chancelais à demi dans un commencement d’ivresse malfaisante.
Il m’a fallu plus de temps qu’à ceux qui m’enviaient pour m’habituer aux signes extérieurs d’une certaine aisance. J’en ai eu honte jusqu’à ce que l’âge les justifie davantage que la réussite.
J’ai compris que quoi qu’on fasse, au fond, on perd son temps, alors autant choisir la folie.
Tout ce que je fais, je le fais vite et mal, de peur de cesser trop tôt d’en avoir envie.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.