- Il commença à se dire qu’il ne regrettait pas d’avoir eu une vie si tourmentée : il y avait gagné de l’expérience.
- Finalement l’autorité dans la conversation est un sous-produit de l’autorité concrète dans l’entreprise.
- Contre la philosophie digestive de l’empirio-criticisme, du néo-kantisme, contre tout «psychologisme», husserl ne se lasse pas d’affirmer qu’on ne peut pas dissoudre les choses de la conscience.
- Ne voit-on pas que, selon l’idée même de synthèse, la vie serait irréductible à la matière et la conscience humaine irréductible à la vie ?
- Tiens, ma vieille elle a soixante-cinq ans, j’habite avec elle. Eh bien, à son âge, elle se tape encore son kil de rouge dans la journée.
- L’oeuvre d’art, de quelque côté qu’on la prenne, est un acte de confiance dans la liberté des hommes.
- Si autrui doit pouvoir nous être donné, c’est par une appréhension directe qui laisse à la rencontre son caractère de facticité comme le cogito lui-même laisse toute sa facticité à ma propre pensée.
- Lorsqu’un nouveau parti s’emparait du pouvoir, il proscrivait la moitié du Sénat et créait d’urgence une nouvelle fournée de sénateurs pour boucher les trous.
- Voulez-vous que je vous dise pourquoi vous n’avez pas peur de la mort ? Chacun de vous pense qu’elle tombera sur le voisin.
- Il faudrait nous comparer à un condamné à mort qui se prépare bravement au dernier supplice, qui met tous ses soins à faire belle figure sur l’échafaud et qui, entre-temps, est enlevé par une épidémie de grippe espagnole.
- En certaines situations, il n’y a place que pour une alternative dont l’un des termes est la mort. Il faut faire en sorte que l’homme puisse, en toute circonstance, choisir la vie.
- Je suis libre : il ne me reste plus aucune raison de vivre, toutes celles que j’ai essayées ont lâché et je ne peux plus en imaginer d’autres... Seul et libre. Mais cette liberté ressemble un peu à la mort.
- Je préfère les gens qui ont peur de la mort des autres : c’est la preuve qu’ils savent vivre.
- Au balcon d’un sixième : c’est là que j’aurais dû passer toute ma vie. Il faut étayer les supériorités morales par des symboles matériels, sans quoi elles retombent.
- Ils passent leur temps à ruminer leur jeunesse, ils ne font que des projets à court terme, comme s’ils n’avaient devant eux que cinq ou six ans.
- Le corps, ça vit tout seul, une fois que ça a commencé. Mais la pensée, c’est moi qui la continue, qui la déroule. J’existe. Je pense que j’existe. Oh ! Le long serpentin, ce sentiment d’exister - et je le déroule, tout doucement.
- Tu sais ce que c’est que le mal, la honte, la peur. Il y a des jours où tu t’es vue jusqu’au coeur.
- Boris n’aurait pas su aimer une fille de son âge. Si les deux sont jeunes, ils ne savent pas se conduire, ça cafouille, on a toujours l’impression de jouer à la dînette.
- On devrait pouvoir aimer tout d’une personne, l’oesophage, et le foie, et les intestins. Peut-être qu’on ne les aime pas par manque d’habitude, si on les voyait comme ils voient nos mains et nos bras peut-être qu’on les aimerait.
- Pour aimer, pour haïr, il faut se donner... Qui suis-je et qu’ai-je à donner, moi ? J’existe à peine, de tous les fantômes qui rôdent aujourd’hui dans la ville, aucun n’est plus fantôme que moi.
- C’est là le fond de la joie d’amour, lorsqu’elle existe : nous sentir justifiés d’exister.
- Lizzie : - - Je trouve que c’est mieux pour un homme, d’être riche, ça donne confiance.
- Le secret d’un homme... C’est la limite même de sa liberté. C’est son pouvoir de résistance aux supplices et à la mort.
- Un intellectuel, pour moi, c’est cela : quelqu’un qui est fidèle à un ensemble politique et social, mais qui ne cesse de le contester.
- L’homme est fondamentalement désir d’être et le désir est manque.
- On se demande où on trouve le courage de se lever le lendemain matin et de retourner au travail, et d’être séduisante et gaie, et de donner du courage à tout le monde alors qu’on voudrait plutôt mourir que de continuer cette vie-là.
- J’étais élu, marqué mais sans talent : tout viendrait de ma longue patience et de mes malheurs.
- La beauté est une contradiction voilée.
- Quant à la beauté, ceux qui peuvent y penser en travaillant, je les classe, si téméraires qu’ils se prétendent, parmi les esprits académiques.
- Toute aventure humaine, quelque singulière qu’elle paraisse, engage l’humanité entière.
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