Tu sais ce que c’est que le mal, la honte, la peur. Il y a eu des jours où tu t’es vue jusqu’au cœur.
Écrivain, 1905-1980 Image : User:T1980, CC BY 3.0, Wikimedia Commons Tu sais ce que c’est que le mal, la honte, la peur. Il y a eu des jours où tu t’es vue jusqu’au cœur.
Écrivain, 1905-1980 Image : User:T1980, CC BY 3.0, Wikimedia Commons Partager sur
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Huis clos (1944)
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Quand on cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur.
La détresse et l’indigence du monde extérieur font que la plénitude de ton cœur devient aussi pour toi indigence et détresse.
Heureux ceux qui souffrent ! Cette parole insensée hante toujours vos cœurs debiles et vous avez peur de la joie, par vanité.
Soyez révolté, méchant si vous le désirez, criez, pleurez, mais ne vous cachez pas au fond de votre détresse comme les fous se cachent dans leur folie.
Ton âme est immortelle, et tes pleurs vont tarir. Tu te sens le cœur pris d’un caprice de femme. Et tu dis qu’il se brise à force de souffrir.
Maintenant je sais aussi que l’on peut détester chaque être aimé. Par instants. Par douleur.
Vous grimpez sur le dos des gouines et des pédés pour chanter vos louanges. Il n’y a pas de quoi, et on n’est pas là pour ça. Vos vies dans l’ensemble sont plutôt merdiques, vos vies amoureuses sont plutôt calamiteuses, arrêtez de croire que ça ne se voit pas.
C’est à partir du jour où l’on peut concevoir un autre état de choses qu’une lumière neuve tombe sur nos peines et sur nos souffrances et que nous décidons qu’elles sont insupportables.
Les grands cèdent à la honte, et les petits à la peur.
La vie se divise en deux catégories : l’horreur et le malheur.

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