- Le bonheur supprime la vieillesse.
- Il m’a fallu plus de temps qu’à ceux qui m’enviaient pour m’habituer aux signes extérieurs d’une certaine aisance. J’en ai eu honte jusqu’à ce que l’âge les justifie davantage que la réussite.
- Je fuis le bonheur de peur qu’il ne se sauve pas.
- Un pardon sans oubli est une vengeance sournoise.
- J’opte pour l’indécision : d’avoir reçu les clés pour comprendre la honte ne donne pas le pouvoir de l’effacer.
- J’étais passé de la colère à la stupéfaction, de la stupéfaction au doute, du doute à la compréhension, de la compréhension à l’acceptation, de l’acceptation à la reconnaissance, de la reconnaissance à l’admiration.
- Le pire, c’était choisir, et passer le restant de sa vie à se demander si l’on a fait le bon choix. Personne n’était capable de choisir sans avoir peur.
- C’était une vieille crainte, une crainte qui ne m’était jamais passée : la peur qu’en ratant des fragments de sa vie, la mienne ne perde en intensité et en importance.
- Une visite de condoléances, cela apprend à vivre, à se tenir. A oublier le mort. Eh oui, c’est comme ça ! Il faut oublier pour se souvenir.
- Pour la première fois, j’associais alcool et ravage, maladie, naufrage, méchantes paroles, violence, dépendance et mort. Je fus alors effleuré par une tristesse qui ne me quittera plus.
- Aujourd’hui que je regrette encore mes chimères sans les poursuivre, je veux remonter le penchant de mes belles années : ces Mémoires seront un temple de la mort élevé à la clarté de mes souvenirs.
- Elle me pria ensuite d’enlever mes sandales et d’approcher mon pied du sien. Je n’oublierai jamais l’émotion du premier contact : ce bonheur compensait toute la jalousie dont j’avais souffert jusqu’à présent.
- En vérité, j’en viens à regretter la misérable part de liberté que dieu nous a donnée; nous en avons assez pour lutter, pas assez pour dominer la destinée, tout juste ce qu’il faut pour souffrir.
- Le temps efface le souvenir des malheurs, jamais celui des fautes. La morsure d’un remords se ravive chaque jour plus cruelle dans notre conscience, à mesure que la vie passe.
- Peut-être est-ce juste un châtiment, pour ceux qui se sont montrés cruels, de ne prendre conscience de leurs torts que lorsqu’il est impossible de revenir en arrière.
- Si tu te confrontes à tes erreurs seulement une ou deux fois dans ta vie, ça risque de te faire terriblement mal. Moi, je fais un examen de conscience chaque jour - comme ça, c’est pas plus douloureux qu’un rasage à sec.
- Je suis très sincère sur moi-même dans ce livre. Je parle de ma première erreur à la page 850.
- Au fond du coeur, le souvenir des aspirations du passé ne peut pas ne pas renaître dans l’âme de chaque Hongrois, car l’aspiration à l’existence indépendante, quand il est l’héritage d’une histoire millénaire, ne s’oublie point.
- On regrette davantage les plaisirs révolus qu’on a su les apprécier quand il était temps d’en jouir.
- On n’empêche pas plus la pensée de revenir à une idée que la mer de revenir à un rivage. Pour le matelot, cela s’appelle la marée pour le coupable, cela s’appelle le remords.
- J’attends que ma mère, sous la lune qui est son message, apparaisse peut-être. Mais seuls les souvenirs arrivent. Les souvenirs, cette terrible vie qui n’est pas de la vie et qui fait mal.
- Il y a dans le monde une insondable mélancolie qu’on ne découvre que dans la solitude, à certaines minutes comme celles-là. Les hommes aiment à la tromper, mais elle est au fond de tout, et c’est le regret du paradis que nous avons perdu.
- Le regret qu’ont les hommes du mauvais emploi du temps qu’ils ont déjà vécu, ne les conduit pas toujours à faire de celui qui leur reste à vivre un meilleur usage.
- J’ai connu un homme qui savait soixante-deux langues. Il n’avait qu’un regret en mourant, c’est de n’avoir jamais pu les parler : il était muet.
- L’humanité est un concept familier aux anormaux : à leur grand désespoir, ils s’en sentent en effet tout proches; ils expriment leur parenté avec elle dans un sanglot de regret et ne cessent jamais de tendre vers elle leurs bras difformes.
- Confinement est sans doute le mot du jour, un peu long, à notre regret, mais qui incite ou invite à la réflexion.
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