J’ai connu un homme qui savait soixante-deux langues. Il n’avait qu’un regret en mourant, c’est de n’avoir jamais pu les parler : il était muet.
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- Il demeura immobile. Il était habitué à entendre les ordres comme autant de paroles particulières, n’ayant rien de commun avec la parole humaine. Ils n’avaient ni sens ni signification, mais une vie et un pouvoir qui leur étaient propres.
- Il n’y a plus de sourds dont les oreilles, volontairement ou non, sont assez fermées pour ne pas entendre le cri de l’humanité contre la guerre.
- Quels sont les premiers menteurs entre les hommes de toutes les nations ? Ceux qui, dans leur langage, se servent le plus de diminutifs et de superlatifs.
- Par le langage, l’homme s’est fait le plus soltaire des êtres du monde, puisqu’il s’est exclu du silence.
- Un professeur de langues mortes s’est suicidé pour parler les langues qu’il connaissait.
- Bien trop de femmes dans bien trop de pays parlent la même langue : le silence.
- Sous le silence prodigieux du couvent, il est comme un malade qui, la nuit, à l’heure où les bruits de la rue se sont tus, perçoit les battements de son coeur.
- Je dois reconnaître que, même en Orient, un Confucius rejette l’au-delà, en disant : J’ignore tout de la vie, que saurais-je de la mort ?
- La langue de Dieu, c’est le silence. Il peut être assourdissant, mais on y reconnaît sa voix. On ne discute pas avec cette voix.
- Le langage, loin de combler l’abîme qui sépare les êtres, creuse la distance, il met en évidence la solitude et l’impossibilité de communiquer.
- S’il a été remarqué que quelques dauphins pouvaient reconnaitre jusqu’à cinquante mots de notre langue, aucun humain n’a jamais pu comprendre un seul mot de la leur.
- Pendant la vie de certains grands, on ajoute souvent foi aux discours des flatteurs; mais, après leur mort, on interprète le silence des gens de bien.
- Je m’étonne que la plupart des hommes aient si peur des spectres, eux qui acceptent si facilement de parler aux morts dans leurs songes.
- Le langage réalise, en brisant le silence, ce que le silence voulait et n’altérait pas.
- C’était une véritable religion, le silence, chez cet homme. On appelle ça de la pudeur mais cela relève plutôt de la constipation verbale.