Le langage réalise, en brisant le silence, ce que le silence voulait et n’obtenait pas.
Philosophe, 1908-1961Le langage réalise, en brisant le silence, ce que le silence voulait et n’obtenait pas.
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Le visible et l'invisible : suivi de notes de travail
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Le silence est l’aboutissement suprême du langage et de la conscience.
La parole est la menue monnaie du silence.
Le silence n’est que l’ombre que le langage porte. Comme la conscience n’est que la chambre d’écho du langage dans le résonateur du crâne.
En amour un silence vaut mieux qu’un langage. Il est bon d’être interdit ; il y a une éloquence de silence qui pénètre plus que la langue ne saurait faire.
Il y a des silences qui en disent longs, comme des paroles qui ne signifient rien.
Dès que le silence se fait, les gens le meublent.
Le silence est un refus d’appartenir.
Le silence, c’est le bruit que fait le temps en passant.
Le silence oblitère tout.
Le silence devient une rareté et une dimension que nous risquons de perdre.

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