Il demeura immobile. Il était habitué à entendre les ordres comme autant de paroles particulières, n’ayant rien de commun avec la parole humaine. Ils n’avaient ni sens ni signification, mais une vie et un pouvoir qui leur étaient propres.
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- Il y a des mots si opulents qu’ils vous délivrent par leur seul pouvoir.
- Les voix ont un pouvoir étrange sur les mots. Une seule intonation sur une syllabe et tout change.
- Les temps sont durs. Les hommes ont perdu toute dignité. Le pouvoir est leur foi, au lieu que la foi soit leur pouvoir. Il n’y a plus d’homme digne de ce nom, il n’y a plus d’hommes valeureux.
- Les exemples vivants ont bien plus de pouvoir; un prince dans un livre apprend mal son devoir.
- Réveille-toi, essaie de comprendre. C’est pour cela que j’écris ces lignes. Car je suis le type même de l’homme incapable de comprendre les choses tant qu’il n’a pas essayé de les mettre en mots.
- J’ai connu un homme qui savait soixante-deux langues. Il n’avait qu’un regret en mourant, c’est de n’avoir jamais pu les parler : il était muet.
- Les clartés ordinaires ne me suffisent plus quand le sens des mots n’est pas aussi clair que leur son, c’est-à-dire quand ils n’offrent pas à ma pensée des objets aussi transparents par eux-mêmes que les termes qui les dénomment.
- Tout est écrit dans les sons. Le passé, le présent et le futur de l’homme. Un homme qui ne sait pas entendre ne peut écouter les conseils que la vie nous prodigue à chaque instant. Seul celui qui écoute le bruit du présent peut prendre la décision juste.
- Il s’aperçut qu’il y avait autre chose dans le monde que les spéculations de la Sorbonne et les vers d’Homerus que l’Homme avait besoin d’affections que la vie sans tendresse et sans amour n’était qu’un rouage sec, criard et déchirant.
- Sous sa chevelure épaisse et emmêlée, son visage semblait toujours tombé du nid. Je cherchais quelque chose à dire, puisqu’il faut toujours recourir aux mots pour empêcher le silence de parler trop fort.
- Ces sermons, tels que l’auteur les traçait sur le papier, n’étaient pour l’ordinaire que des matériaux dispersés, auxquels son âme entraînée, et, pour ainsi dire, oppressée par son sujet, se chargeait de donner la vie et l’ensemble.
- Ne le plaignez pas trop : il a vécu sans pactes, - Libre dans sa pensée autant que dans ses actes.
- Il était impossible de voir un vieillard plus jeune et plus vif, buvant sec et ne se grisant jamais, chantant et folâtrant avec la jeunesse sans jamais se rendre ridicule, parce qu’il avait l’esprist chaste et le coeur naïf.
- Il avait pour lui le respect d’un homme qui a pesé la vie dans tous les trébuchets du mépris et qui trouvait que rien n’est plus beau, après tout, que la force humaine écrasée par la stupidité du destin.
- L’homme n’est qu’une force, avec un pouvoir sublime qu’il appelle son intelligence, mais toutes les puissances prennent leur source dans la Matière sans commencement ni fin.