L’utopie ne consiste pas, aujourd’hui à préconiser le bien-être par la décroissance et la subversion de l’actuel mode de vie; l’utopie consiste à croire que la croissance de la production sociale peut encore apporter le mieux-être, et qu’elle est matériellement possible.
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- La libération ne peut résulter que d’une technique. Elle ne peut être obtenue que par des acteurs sociaux dont elle est le but conscient. Il n’y a pas moyen de faire l’économie de la volonté politique.
- Nous sortons de la civilisation du travail, mais nous en sortons à reculons dans une civilisation du temps libéré, incapables de la voir et de la vouloir, incapables donc de civiliser le temps libéré qui nous échoit, et de fonder une culture du temps disponible et une culture des activités choisies.
- La bourgeoisie est toujours condamnée à mort, elle en répand elle-même assez complaisamment la nouvelle et continue pourtant à vivoter sans avoir l’air de croire à sa mort et toujours optant pour les solutions mortelles.
- Il faut croire que l’homme a voulu vivre en société, puisque la société existe, mais aussi, depuis qu’elle existe, l’homme emploie une bonne part de son énergie et de son astuce à lutter contre elle.
- Faut-il croire que l’égoïsme est en définitive la meilleure voie à suivre pour être heureux ?
- La culture n’est pas un supplément d’âme que s’offrirait une société de consommation repue. Elle est notre boussole.
- Les humanistes ont la conviction que l’esprit du monde, son but, son avenir résident dans la solidarité et non dans l’individualisme, ce qui permettra à ce monde de devenir de plus en plus humain.
- Qui sait si toute notre culture n’est pas une hypertrophie, un écart, un développement insoutenable, qu’une ou deux centaines de siècles aura suffit à produire et à épuiser ?
- La civilisation industrielle, en supprimant la beauté naturelle, en la couvrant sur de longs espaces par le déchet industriel crée et suscite les besoins artificiels. Elle fait que la pauvreté ne peut plus être vécue et supportée.
- Il n’est pas question pour le consommateur, pour le citoyen moderne de se dérober à cette contrainte de bonheur et de jouissance, qui est l’équivalent dans la nouvelle éthique de la contrainte traditionnelle de travail et de production.
- Les utopistes n’ont raisonné qu’à court terme. Parce qu’ils voulaient à tout prix voir de leur vivant le fruit de leur travail.
- Si les mouvements sociaux connaissaient cet enseignement social ! Ils ne s’exposeraient pas aux échecs, à la myopie, à une myopie qui ne voit que des choses temporelles.
- Il est clair que les prétendues valeurs libérales conduisent en réalité à l’effondrement de toute valeur et que la société capitaliste est par excellence celle qui ne croit en rien, puisque la maîtrise du monde ne renvoie à rien d’autre qu’elle même.
- La culture classique reste une valeur essentielle, mais la plus-value qu’on en retire, pour soi et aux yeux des autres, a baissé à la bourse de l’humanisme.
- Aujourd’hui, tout est devenu un commerce : l’art, l’existence, la sexualité, la quête du bonheur... Pourtant, c’est l’essentiel ! Chercher à s’épanouir simplement en restant honnête vis-à-vis de soi-même, sans s’être jamais mal vendu ou avoir été mal acheté, c’est pas mal non ?