Il a toujours profondément méprisé la nature humaine, en raison même de l’échantillon que lui renvoyait son miroir.
Écrivain, 1867-1942Il a toujours profondément méprisé la nature humaine, en raison même de l’échantillon que lui renvoyait son miroir.
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Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux (1920), Fantômes et Vivants, chapitre I
Blagueur, il aimait à déconcerter. Chercheur, et souvent trouveur d’épigrammes, il n’épargnait rien ni personne et les gens de l’entourage de Ferry passaient, sous sa dent, de mauvais quarts d’heure.Il a toujours profondément méprisé la nature humaine, en raison même de l’échantillon que lui renvoyait son miroir.Il ne donnait pas encore, manifestement au moins, dans la manie anticléricale; son intelligence semblait au-dessus des misères du parlementarisme. Georges Périn et Paul Ménard, ses deux intimes compagnons, déclaraient que, le jour où il prendrait le pouvoir, on verrait ça. …
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Et pourtant sa pensée, déjà rebelle, opposait une résistance sournoise, biaisait vers les images délirantes.
Il méprisait la société actuelle, qui en tout et à tout propos renie sa propre histoire, et qui, ce faisant, n’a ni passé ni avenir, comme il s’est une fois exprimé, et qui est devenue la proie de l’abrutissement par la science atomique.
Il prit alors conscience qu’il y avait bien pire que détester quelqu’un pour ce qu’il avait fait : le détester pour ce qu’il n’avait pas fait.
C’est une triste chose que la critique, que l’étude, que de descendre au fond de la science pour n’y trouver que la vanité, d’analyser le cœur humain pour y trouver égoïsme, et de comprendre le monde que pour n’y voir que malheur.
Les grands esprits ont toujours rencontré une opposition farouche des esprits médiocres.
Les hommes, déformés par les abstractions, disposent de plus de moyens pour se haïr que pour s’aimer.
Il me prend des tentations d’accommoder tout son visage à la compote, et le mettre en état de ne plaire de sa vie aux diseurs de fleurettes.
Ce dont il avait tâché de se préserver, avec une certaine réussite, pendant plus d’un an, l’avait enfin contaminé : l’angoisse du miroir où l’on ne voit que soi.
Disséquer le corps humain, c’est détruire sa beauté ; et pourtant, par cette dissection, la science arrive à y reconnaître une beauté d’un ordre bien supérieur et que la vue superficielle n’aurait pas soupçonnée.
L’envie n’est qu’une peur de voir de la beauté qu’on ne pourrait pas réaliser soi-même.

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