Le style est donc ce qui permet le redressement, ce qui autorise qu’on congédie l’avachissement, la tendance naturelle du réel qui échappe à la volonté.
PhilosopheLe style est donc ce qui permet le redressement, ce qui autorise qu’on congédie l’avachissement, la tendance naturelle du réel qui échappe à la volonté.
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La sculpture de soi : la morale esthétique
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Le style est la volonté de s’extérioriser par des moyens choisis.
Se défaire des habitudes quotidiennes du corps, c’est se donner la chance d’un autre rapport à la pensée.
La laideur, c’est rassurant : il n’y a aucun défi à relever, il suffit de s’abandonner à sa malchance, de s’en gargariser, c’est si confortable. La beauté est une promesse : il faut pouvoir la tenir, il faut être à la hauteur.
Si le geste baroque se déploie en s’éloignant du corps, celui de Latour est dirigé vers le corps, comme ceux qui expriment le recueillement ou le frisson.
En art le progrès ne consiste pas dans l’extension mais dans la connaissance de ses limites.
Le bien-être éloigne la vieillesse, ou la rend moins hideuse.
Plus la tentation de comprendre est forte, plus s’affirme la nécessité de dénaturer.
Avancer en âge, c’est s’enrichir d’habitudes, se soumettre aux automatismes profitables ; c’est connaître ses limites et s’y résigner.
Je songe à ce style modeste et strict, qui seul conserve à travers les âges une pensée vive.
Le changement ne sera admis que s’il ne porte aucune atteinte à l’origine ; il doit être inspiré de l’origine : il faut qu’il soit une imitation du modèle précédent.

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