La laideur, c’est rassurant : il n’y a aucun défi à relever, il suffit de s’abandonner à sa malchance, de s’en gargariser, c’est si confortable. La beauté est une promesse : il faut pouvoir la tenir, il faut être à la hauteur.
ÉcrivaineLa laideur, c’est rassurant : il n’y a aucun défi à relever, il suffit de s’abandonner à sa malchance, de s’en gargariser, c’est si confortable. La beauté est une promesse : il faut pouvoir la tenir, il faut être à la hauteur.
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Mercure
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Il faut du courage pour apprécier la dureté et la douceur.
Trop de beauté, c’est un peu comme trop de bonheur ; on se demande si l’on aura la force de le supporter.
Pouvoir d’un péril affranchir ce qu’on aime.
Aimer, c’est renoncer à la force.
Qui le croit possède une bonne boussole et doit apprendre à s’y fier et à éviter les interférences pouvant la fausser.
Il faudrait se convaincre qu’on est en parfaite forme lorsqu’on atteint la capacité de faire à peu près tout pas très bien, ou quand on réussit à conserver ce poids magique qui est très précisément à 10 kilos du bonheur.
La tempérance – comme la prudence, et comme toutes les vertus peut-être – relève donc de l’art de jouir : c’est un travail du désir sur lui-même, du vivant sur lui-même. Elle ne vise pas à dépasser nos limites, mais à les respecter.
Parce que la volonté rend beau et que devant la beauté, l’homme, heureusement, a encore le réflexe, parfois, de se mettre à genoux.
Mais non ; je ne veux point d’une félicité que peut flétrir la clairvoyance. Il faut savoir retrouver le bonheur par delà. Acceptation ; confiance ; sérénité ; vertus de vieillard. L’âge de la lutte avec l’ange est passé.
Défendez-vous par la grandeur,
Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse :
La Mort ravit tout sans pudeur.

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