Quand on sacrifie la moitié de sa vie pour une raison quelconque, dit-il d’une voix calme et nette, on change de personnalité. On ne devient pas seulement la moitié de ce qu’on était destiné à être, mais une créature tout autre, tordue et déformée par le sacrifice.
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- Est-il un plus beau sacrifice ? Est-il une abnégation de soi-même et une mortification plus parfaite ?
- Celui qui recherche l’aventure la rencontrera - à la mesure de son courage. - Celui qui cherche le sacrifice, sera sacrifié - à la mesure de sa pureté.
- Quoi de plus inhumain qu’un sacrifice humain ?
- Avec Iphigénie, pourtant, cet orgueil s’épure, se défait de toute infatuation, n’est plus que dignité, que le sentiment de ce que l’on se doit à soi-même, qui va jusqu’au sacrifice de soi.
- On peut donc dire en un sens que tout type est un type négatif. La caractère est comme le dessin de l’échec de la personnalité. Nous ne sommes typiques que dans la mesure où nous manquons à être pleinement personnels.
- Quand le venin de la malveillance s’insinue dans un coeur, il double le fardeau de celui qui nourrit ce mauvais sentiment : il sent le poids de ses propres malheurs et la vue du bonheur d’autrui le fait gémir.
- N’est-il pas consolant - voire, profondément satisfaisant - de pouvoir se dire, en repensant à sa propre vie, que si l’on a échoué, c’est uniquement là où les autres n’ont pas eu le courage ou la volonté de tenter ?
- Un sacrifice n’est vraiment un sacrifice qu’autant qu’il est volontaire. La liberté seule mérite, la liberté seule est féconde. L’amour captif, gardé de murs, chaste malgré lui, est stérile.
- L’Amour. Avec ce mot on explique tout, on pardonne tout, on valide tout, parce que l’on ne cherche jamais à savoir ce qu’il contient. [. ] Il couvre d’un voile prétendument désintéressé, voire transcendant, la recherche de la dominance et le prétendu instinct de propriété. C’est un mot qui ment à longueur de journée et ce mensonge est accepté, la larme à l’œil, sans discussion, par tous les hommes. Celui qui oserait le mettre à nu, [. ], n’est pas considéré comme lucide, mais comme cynique.
- Je ne sais l’exprimer : un être heureux, il vit comme au-dessus de tous les autres. Et cela, on n’a même pas à le lui pardonner, parce qu’il l’a comme on a la santé, ou la beauté.
- L’amour abstrait c’est le don de soi, la recherche d’un sacrifice basé, aussi paradoxal que cela puisse paraître, sur un égoïsme farouche.
- En général, est par métier disposé à se sacrifier celui qui ne sait pas autrement donner un sens à sa vie.
- Dans la vie morale, aussi bien que dans la vie physique, il existe une aspiration et une respiration : l’âme a besoin d’aborder les sentiments d’une autre âme, de les assimiler pour les lui restituer plus riches.
- L’homme moderne se promène à travers les pauvres, enjambe les mendiants, convaincu que son sacrifice au travail justifie son indifférence. Mieux, il arrive à se convaincre que, s’ils sont pauvres, c’est parce qu’ils refusent le sacrifice.
- Quand on avance sur le chemin, la vie n’apparaît plus guère comme un devoir, et l’on marche facilement au sacrifice.