La provocation prête un pouvoir de commandement. Elle ordonne le duel, la répulsion, la révolte, mais aussi les alliances et les amitiés. Parfois elle met au garde-à-vous, à part quelques mercenaires en rupture de bang.
Écrivain, 1928-1991La provocation prête un pouvoir de commandement. Elle ordonne le duel, la répulsion, la révolte, mais aussi les alliances et les amitiés. Parfois elle met au garde-à-vous, à part quelques mercenaires en rupture de bang.
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Pensées, provocs et autres volutes
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Dans une contestation ne te laisse pas gagner par la colère, elle t’enlève une partie de ta force, et te livre désarmé à ton ennemi.
L’homme révolté ne veut pas nécessairement le mal de l’autre. Son désir de vengeance peut être une protestation contre un désordre, une excitation pour le maintien de la justice du bien.
L’intelligence, c’est la tolérance. Elle ne doit s’insurger que contre la connerie, lorsque la connerie atteint ses points de violence culminants, qu’elle devient tyrannique, répressive, contraignante.
Plus le pouvoir tend à s’exercer de manière souveraine, absolue, plus il est hanté par une violence interne autodestructrice.
L’une des fonctions principales d’un ami consiste à subir, sous une forme plus douce et symbolique, les châtiments que nous désirerions, sans le pouvoir, infliger à nos ennemis.
Dans la guerre, la détermination est souvent plus importante que la taille des forces.
Faire la guerre, c’est attaquer ensemble quand on est d’accord, et se défendre ensemble quand on ne l’est pas.
Commençons par rappeler que l’état est un système au moyen duquel s’exerce la force de coercition. Les factions au sein d’un état peuvent se disputer l’adhésion des gens, donnant lieu à des phénomènes démocratiques de surface, mais le soubassement d’un état est l’application – et l’évitement – systématique de la violence.
Aux moments de crise, ce n’est pas contre un ennemi extérieur qu’on lutte, mais toujours contre son propre corps.
La présence des autres est créatrice de violence. Car les autres sont au moins deux : l’un devient le rival, l’autre l’objet de la rivalité.

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