Pourquoi sans cesse refuser de couper les amarres nous reliant au quai des ports visités par le voilier de notre vie déjà reparti et emporté par les grands vents du large ?
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Passager entre deux Millenaires
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On devrait pouvoir se laisser bercer, abandonné comme une algue devant la marée, mais on est toujours emmené au large.
À vouloir balancer trop loin le crapaud, on finit par le jeter dans le bonheur d’une mare.
Nous ne voulons pas notre part du gâteau, il est avarié, puant, répugnant. Pourquoi nous précipiter à bord d’un bateau qui fait naufrage ?
Notre corps est la barque qui nous portera jusqu’à l’autre rive de l’océan de la vie. Il faut en prendre soin.
On n’empêche pas plus la pensée de revenir à une idée que la mer de revenir à un rivage. Pour le matelot, cela s’appelle la marée pour le coupable, cela s’appelle le remords.
Aussi bien une vieillesse
Nous menace sur le port,
Qui toute courbe et tremblante
Nous attraine chancelante
La maladie et la mort.
Un regret plus mouvant que la vague marine
A roulé sur ce cœur envahi jusqu’au bord.
Mesure à ton pouvoir la grandeur de l’ouvrage : Le plus sûr, à qui veut fendre les flots amers, est de ramer près du rivage, plutôt que de cingler vers le plus haut des mers.
La mer est salée parce qu’il y a des morues dedans. Et si elle ne déborde pas, c’est parce que la Providence, dans sa sagesse, a placé aussi des éponges.
Lorsque le nénuphar, à force de grossir, a occupé la surface de l’étang, il finit par étouffer et crever. C’est donc la transformation du monde en vaste zone de misère qui est l’avenir de l’humanité.

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