On devrait pouvoir se laisser bercer, abandonné comme une algue devant la marée, mais on est toujours emmené au large.
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- Approcher Autrui, c’est encore poursuivre ce qui déjà est présent, chercher encore ce que l’on a trouvé, ne pas pouvoir être quitte envers le prochain. Comme caresser. La caresse est l’unité de l’approche et de la proximité.
- Etrange comme nos péchés nous semblent vivables tant que nous avons l’espoir de pouvoir un jour les effacer.
- Nous rabaissons trop la providence quand, par dépit de ne pouvoir la comprendre, nous lui prêtons nos idées.
- Il faut toujours concevoir comment, dans toutes les dynamiques, on est dominants quelque part, et comment on doit se remettre en question soi-même. Refuser de voir cela, c’est s’accrocher à un pouvoir morbide.
- Pourquoi sans cesse refuser de couper les amarres nous reliant au quai des ports visités par le voilier de notre vie déjà reparti et emporté par les grands vents du large ?
- Notre corps est la barque qui nous portera jusqu’à l’autre rive de l’océan de la vie. Il faut en prendre soin.
- On ne force jamais la mer, on passe à coté, on dévie, on déroule.
- Nous ne devrions, toute notre vie, que prendre du champ pour bien sauter dans l’éternité.
- Nous ne voulons pas notre part du gâteau, il est avarié, puant, répugnant. Pourquoi nous précipiter à bord d’un bateau qui fait naufrage ?
- Il faut s’endurcir, sans jamais se départir de sa tendresse.
- A vouloir balancer trop loin le crapaud, on finit par le jeter dans le bonheur d’une mare.
- On n’empêche pas plus la pensée de revenir à une idée que la mer de revenir à un rivage. Pour le matelot, cela s’appelle la marée pour le coupable, cela s’appelle le remords.
- Le tonnerre est souvent nécessaire pour arracher à la torpeur croupissante d’une vie sans saveur.
- La raison rétrécit la vie, comme l’eau rétrécit la laine, si bien qu’on s’y sent coincé et on ne peut plus lever les bras.
- Comme c’est fatiguant de rester à la même place, on finit toujours par avancer.