Là où le peuple a été trop longtemps tenu à l’écart des lumières du droit, le vice devient la norme, le tortueux la règle, l’arbitraire la vertu.
Image : Là où le peuple a été...

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- La plupart des bienfaiteurs qui prétendent être cachés, après vous avoir fait du bien, s’enfuient comme la Galatée de Virgile : et se cupit ante videri.
- Si la sécurité que procurent les hommes est due jusqu’à un certain degré à une puissance bien assise et à l’abondance, la plus pure des sécurités st celle qui vient de la tranquillité, et de la vie à l’écart de la foule.
- Nous sommes tous quelque part esclaves. Personne ne detient le pouvoir absolu. On est sage de s’en souvenir. On est fou de l’oublier. On se rend malheureux à le croire et on rend les autres malheureux.
- Il faut plutôt, pour opérer une révolution, une certaine masse de bêtise d’une part qu’une certaine dose de lumière de l’autre.
- La justice se fourvoie quand elle perd de vue ce pourquoi elle a été organisée : faire du droit, pas de la morale.
- L’excès des impôts conduit à la subversion de la justice, à la détérioration de la morale, à la destruction de la liberté individuelle.
- Une loi n’est pas toujours obligatoire; elle peut toujours être changée par une autre loi : contrairement à cela, la morale est permanente; elle a sa force en elle même, parce qu’elle vient de l’ordre immuable; elle seule peut donc donner la durée.
- Une trop grande liberté, un fais ce que tu veux commode, met la jeunesse dans l’impossibilité de désobéir, alors que rien d’audacieux n’existe sans la désobéissance à des règles.
- A l’ulcère du monde, il y a une grande cause générale : c’est l’asservissement au passé, le préjugé séculaire qui empêche de tout refaire proprement selon la raison et la morale.
- Le vice et la vertu sont comme la vie et la mort, ou comme l’esprit et la matière : des choses qui ne sauraient exister sans être définies par leur contraire.
- La morale est un absolu; à la relativiser, à l’appliquer ici et à la bafouer ailleurs, on fait plus que la ridiculiser : on en sape les fondements.
- Le vice serait réduit à cette triste et déplorable condition où gémit la vertu, et il faudrait avoir autant de force et de courage pour être méchant, qu’il en faut, dans ce siècle corrompu, pour être homme de bien.
- Le commandement est une lampe, la loi est une lumière, et la réprimande qui retient dans la discipline est la voie de la vie.
- Quand la loi est injuste, il est juste de la combattre - et il peut être juste, parfois, de la violer. Justice d’Antigone, contre celle de Créon. Des résistants, contre celle de Vichy. Des justes, contre celle des juristes.
- Nous sommes condamnés par une morale surannée à passer de l’état naturel directement, à l’état d’imbécillité passive, fonctionnante, et d’humiliation abjecte.