Je suis un partisan des frontières, à condition de pouvoir les franchir sans tracasseries inutiles. Mais j’aimerais qu’on fasse passer chaque voyageur devant un détecteur qui refoulerait impitoyablement les imbéciles et les vulgaires, le petit nombre étant seul admis à jouir des différences et s’en abreuver.
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- J’ai écrit que la charité chrétienne souffrira un peu devant les réponses à apporter face à l’afflux de migrants. Il faudra se durcir le coeur et supprimer en soi toute sorte de compassion. Sinon quoi, nos pays seront submergés.
- Approcher Autrui, c’est encore poursuivre ce qui déjà est présent, chercher encore ce que l’on a trouvé, ne pas pouvoir être quitte envers le prochain. Comme caresser. La caresse est l’unité de l’approche et de la proximité.
- Il faut entendre le singulier pouvoir qu’exerce une ville ou un site sur l’esprit de ses habitants ou de ses visiteurs.
- Parmi toutes les vies possibles, il faut en choisir une à laquelle s’ancrer, pour pouvoir contempler, sereinement, toutes les autres.
- Ce qui me navre presque autant que de devoir faire mes bagages pour l’au-delà est de ne rien pouvoir glisser dedans tant il est vrai que, chez nous, le trépas annule complètement la sacro-sainte propriété.
- Les relations entre les gens ressemblent souvent à des lignes de chemin de fer. Lorsque les voies s’écartent et s’éloignent l’une de l’autre, il faut attendre un aiguillage pour avoir une chance de les voir reprendre un chemin parallèle.
- Il y a quelque chose d’atrocement irrévocable dans le spectacle d’une personne qui disparaît au bout d’une route, sans se retourner, sans jeter un regard en arrière.
- Aimer, ce n’est pas emprunter des routes toutes tracées et balisées. C’est avancer en funambule au-dessus de précipices et savoir qu’il y a quelqu’un au bout qui dit d’une voix douce et calme : avance, continue d’avancer, n’aie pas peur, tu vas y arriver, .
- On ne se libère pas d’une chose en l’évitant, mais en la traversant.
- Qui dit frontière, dit ligature. Coupez la ligature, effacez la frontière, ôtez le douanier, ôtez le soldat, en d’autres termes, soyez libres; la paix suit.
- Cette ceinture de bouées protège le pays de la Magie, sert d’écoute aux gens du pays, leur signale l’approche d’étrangers. Il ne reste plus ensuite qu’à les dérouter et à les envoyer au loin.
- Il n’y a pas d’injustice ! L’injustice, c’est de croire que les choses pouvaient se passer autrement (...) C’est toi qui décides le sens que tu donnes au voyage. Alors si tu préfères croire qu’on t’a refilé de mauvaises cartes, libre à toi.
- J’errais sans laisser transparaître l’errance, marchant d’un pas assuré, donnant toujours l’impression de poursuivre un but précis, de me diriger quelque part, si bien qu’il était impossible pour qui que ce soit de s’apercevoir de la mise à l’écart dont j’étais l’objet.
- On ne voit pas deux fois le même cerisier, ni la même lune découpant un pin. Tout moment est dernier, parce qu’il est unique. Chez le voyageur cette perception s’aiguise par l’absence des routines fallacieusement rassurantes propres au sédentaire, qui font croire que l’existence pour un temps restera ce qu’elle est.
- Mais l’objectivité n’est pas la neutralité. L’effort de compréhension n’a de sens que s’il risque d’éclairer une prise de parti. Je prendrai donc parti pour finir.