À parcourir l’histoire des attitudes maternelles, naît la conviction que l’instinct maternel est un mythe. Nous n’avons rencontré aucune conduite universelle et nécessaire de la mère. Au contraire, nous avons constaté l’extrême variabilité de ses sentiments, selon sa culture, ses ambitions ou ses frustrations.
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- Contrairement à ce qu’on a voulu faire croire, la différence sexuelle est peu de choses au regard de la différence sociale et la mère chômeuse avec deux enfants n’a pas les mêmes priorités.
- C’est le parent qui investit le plus son bébé qui devient le principal objet d’attachement - sans distinction de sexe - et ce rapport préférentiel n’en exclut pas d’autres.
- La femme pouvant être mère, on en a déduit qu’elle devait l’être... Et ne trouver son bonheur que dans la maternité.
- Nous devrions réfléchir un peu plus à la manière dont nous avons peur aussi de nos enfants tout en vivant dans une culture qui prétend toujours les protéger.
- La vraie culture allie presque toujours une subtilité infinie à la naïveté de l’enfant.
- Le soin apporté à l’enfant est un signal que les mères envoient au monde. L’enfant qui en est dépourvu, qui a la morve au nez, les cheveux mal coiffés, les habits sales ou négligés, porte sur lui les stigmates du manque d’amour.
- Je me sentais timide, devant cet enfant qu’il fallait embrasser. Il m’inspirait, non pas de la tendresse, ni même de l’affection, mais une grande pitié, car on ne sait jamais, devant les nouveau-nés, quelle raison de pleurer leur fournira l’avenir.
- Le passage de l’attachement centré sur la mère à l’attachement centré sur le père, ainsi que leur synthèse ultérieure, constituent le fondement de la santé mentale et de la maturité.
- Devenir parent, c’est se découvrir un instinct féroce pour le mensonge. Pire que tout ce que vous pouviez imaginer. Se transformer en véritables machines à tromperies, voilà le destin qui nous attend.
- Dans la recommandation qu’une mère fait à sa fille de ne point se décolleter pour aller au bal, il y a peut-être moins de respect pour les convenances que de jalousie secrète : Les femmes ne consentent jamais de bon coeur à voir chez d’autres les attraits qu’elles ne possèdent plus.
- L’instinct maternel s’infiltre partout dans la vie du couple, il endort progressivement l’érotisme pour le remplacer par une affection douce, une préoccupation maternante, des habitudes.
- Les enfants privés de l’amour maternel ne parviennent pas à entretenir la confiance minimale requise pour s’aimer eux-mêmes, pour croire que les autres vont les aimer ou, tout simplement pour aimer la vie.
- Arrive-t-il quelque bonheur ? Vite, à sa mère on le raconte; C’est dans son sein consolateur Qu’on cache ses pleurs ou sa honte. A-t-on quelques faibles succès, on ne triomphe que pour elle Et que pour répondre aux bienfaits De la tendresse maternelle.
- L’instinct est accordé au devenir, il assure la durée. L’intelligence consciente, le néocéphale humain connaît à la fois trop et trop peu du réel.
- Les mères ont les yeux du coeur; ce qu’elles ne voient pas, elles le sentent.