L’instinct maternel s’infiltre partout dans la vie du couple, il endort progressivement l’érotisme pour le remplacer par une affection douce, une préoccupation maternante, des habitudes.
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- L’idée convenue que l’enfant renforce la solidité d’un couple a fait long feu... A l’inverse; les couples sans enfant se plaisent à souligner les avantages du tête à tête : vivre l’un pour l’autre, faire plus de choses à deux que les parents, être à l’écoute des sentiments et des désirs de l’autre.
- Les femmes de la maison jouent entre elles, parce qu’elles s’aiment de coeur, mais elles ne comprennent pas le vice pour le vice. Elles aiment que le sentiment les associe et les accouple tête-bêche sur le lit saccagé.
- Physiologiquement parlant, les parents conçoivent l’enfant, mais c’est le fait de la naissance qui oblige le couple à vraiment devenir des parents.
- L’impossibilité fondamentale, quasi organique, de penser à une séparation est pour un couple la véritable ancre de miséricorde et peut-être la seule.
- Désir de vivre à deux et peur du couple : les amants s’installent de plain-pied dans cette contradiction impossible. On veut être ensemble, mais pas encore, pas complètement et d’une manière qui ne soit jamais définitive.
- Un couple qui réussit est un peu plus qu’un homme plus une femme. C’est un équilibre et un mouvement un peu mystérieux.
- Une tromperie bien intentionnée n’accroît-elle pas toujours l’affection ? Les maris ne sont jamais plus affectueux qu’après l’adultère occasionnel si indispensable à une vie conjugale bien équilibrée.
- Un couple épanoui ne s’étiole qu’ailleurs. Ceux qui ne s’étiolent qu’ensemble ne forment pas un couple, mais une imposture.
- À parcourir l’histoire des attitudes maternelles, naît la conviction que l’instinct maternel est un mythe. Nous n’avons rencontré aucune conduite universelle et nécessaire de la mère. Au contraire, nous avons constaté l’extrême variabilité de ses sentiments, selon sa culture, ses ambitions ou ses frustrations.
- Une conversation continue berce les couples, son courant mélodieux jette un voile sur les désirs déclinants du corps. Quand la conversation s’interrompt, l’absence d’amour physique surgit tel un spectre.
- Toute l’aventure humaine vise à se dégager progressivement de la dépendance physiologique, émotionnelle et affective qui s’inscrit en nous dans les premiers temps de la vie hors du ventre maternel.
- Il faut tant d’élan en soi, tant de passion énergique pour conduire un enfant vers l’homme ou la femme qu’il promet.
- Même chez les femmes les plus réservées, les yeux rougissent au moment de l’espérance; la passion est si forte, le plaisir si vif qu’il se trahit par des signes frappants.
- L’énorme attente dans l’amour sexuel, la honte de cette attente, commence par gâter chez la femme toutes les perspectives.
- L’amour est profondément égoïste, tandis que la maternité tend à multiplier nos sentiments.