La morale est dans les faits, pas dans les sentiments. Si je soigne bien mon père, je peux m’amuser à désirer sa mort.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons La morale est dans les faits, pas dans les sentiments. Si je soigne bien mon père, je peux m’amuser à désirer sa mort.
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Journal 1887-1910 (1887)
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Il y a d’étranges pères, et dont toute la vie ne semble occupée qu’à préparer à leurs enfants des raisons de se consoler de leur mort.
Que le bonheur qu’on prend ne soit pas du malheur qu’on donne : je n’ai pas d’autre morale.
Mon papa est mon exemple et mon meilleur complice, j’apprends avec lui les choses de la vie : Les femmes, l’amour, l’amitié, le bricolage, le respect de la famille et des aïeux… D’homme à homme.
Commencer l’homme par sa mort, c’est ma tendresse…
C’est le métier de tout homme de parler de patience à ceux qui se tordent sous le poids de la souffrance ; mais nul n’a la vertu ni le pouvoir d’être si moral, quand il endure lui-même la pareille.
Je veux faire l’histoire morale des hommes de ma génération ; « sentimentale » serait plus vrai.
Combien il est bon qu’un fils reçoive de son père ce grâce à quoi il a atteint un âge avancé. Ce qui est désiré par Dieu est l’obéissance. La désobéissance est abhorrée par Dieu.
La vraie morale se moque de la morale, c’est-à-dire que la morale du jugement se moque de la morale de l’esprit – qui est sans règles.
Nous aimons la morale quand nous sommes vieux, parce qu’elle nous fait mérite d’une foule de privations qui nous sont devenues une nécessité.
Le dieu père est mort. Et l’Eglise est comme une vieille veuve qui fait du charme vainement à la jeunesse.

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