Je veux faire l’histoire morale des hommes de ma génération ; « sentimentale » serait plus vrai.
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons Je veux faire l’histoire morale des hommes de ma génération ; « sentimentale » serait plus vrai.
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Source vérifiée
Correspondance de Gustave Flaubert (1864), lettre 800 à Mademoiselle Leroyer de Chantepie
Me voilà maintenant attelé depuis un mois à un roman de mœurs modernes qui se passera à Paris.Je veux faire l’histoire morale des hommes de ma génération; « sentimentale » serait plus vrai.C’est un livre d’amour, de passion; mais de passion telle qu’elle peut exister maintenant, c’est-à-dire inactive. Le sujet, tel que je l’ai conçu, est, je crois, profondément vrai, mais, à cause de cela même, peu amusant probablement. Les faits, le drame manquent un peu; …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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La morale est dans les faits, pas dans les sentiments. Si je soigne bien mon père, je peux m’amuser à désirer sa mort.
Il y a deux moments de sa vie où tout homme est respectable : son enfance et son agonie.
Nous aimons la morale quand nous sommes vieux, parce qu’elle nous fait mérite d’une foule de privations qui nous sont devenues une nécessité.
Je crois, finalement, que je préfère les hommes âgés parce que sur leurs traits on peut lire la souffrance.
Mais nos histoires, celle de Wade et la mienne, retracent la vie de garçons et d’hommes telle qu’elle existe depuis des millénaires, celle de garçons battus par leur père et dont la capacité d’amour et de confiance a été mutilée presque à la naissance.
Et je me demande ce que nos descendants penseront des hommes que nous avons été. Quelle image ils se feront de cette époque où la vie, comme une vague, s’est retirée du monde.
J’aimerai le jour où un homme me subjuguera par son intelligence, sa culture et son autorité.
Lire ce que d’autres hommes ont pensé peut nous aider à former notre propre jugement sur la vie.
Je puis tout pardonner aux hommes, excepté l’injustice, l’ingratitude et l’inhumanité.
Le plaisir donné est bien plus grand que le plaisir reçu. Il en peut être autrement chez beaucoup d’hommes : mais qui jamais s’avisera, en amour, de parler pour cette populace que notre morale cessera peut-être de produire ?

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