La lettre à l’Immortelle Bien-Aimée retrouvée après la mort de Beethoven en même temps que le "Testament d’Heiligenstadt" est composée de deux feuilles doubles écrites recto-verso, soit 8 pages, d’un format d’environ 200 x 238 mm et d’une feuille simple de 201 x 119 mm recto-verso, soit en tout 10 pages.
Image : La lettre à l’Immortelle Bien-Aimée retrouvée...

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- La littérature est une machine à fabriquer des souvenirs et de la mort, une manufacture de testaments. Aucun roman n’a jamais fait de projet d’avenir.
- Mourir, aimer. Comme ces mots résonnent naturellement dans la salle de marbre rouge. Comme Antinéa paraît plus grande au milieu de cette ronde de statues blêmes. L’amour a-t-il donc besoin à ce point de la mort pour être ainsi multiplié !
- Seule Françoise, son ouvrage tombé sur les genoux, regardait Caporal, étonnée de ce qu’il lisait sans faute et si longtemps.
- Les documents de la sagesse humaine étaient rangés par ordre alphabétique dans l’Encyclopédie.
- Le livre d’une vie est d’autant plus noir que les pages en sont blanches.
- Les grands livres latins et grecs, ces solitudes Où l’éclair gronde, où luit la mer, où l’astre rit, et qu’emplissent les vents immenses de l’esprit, c’est en les pénétrant d’explication tendre, en les faisant aimer, qu’on les fera comprendre.
- La signature de livres permet de constater que certains auteurs qu’on croyait morts sont toujours vivants, et de mieux comprendre la morosité des personnes qui, à Amsterdam, attendent le chaland, assises dans une vitrine.
- Ces sermons, tels que l’auteur les traçait sur le papier, n’étaient pour l’ordinaire que des matériaux dispersés, auxquels son âme entraînée, et, pour ainsi dire, oppressée par son sujet, se chargeait de donner la vie et l’ensemble.
- C’est peu de chose, une vie qui se déroule au fil des pages d’un cahier noir.
- C’était une force puissante et sournoise que celle de la solitude. Elle agissait sur moi en utilisant d’agréables atours : la lecture boulimique d’ouvrages littéraires. Elle n’en était pas moins une force de sape et de destruction.
- Et je lirai (trouvant Hegel et Kant arides) - Ces beaux récits d’amour poivrés de cantharides.
- Les Confessions de Rousseau, celles de saint Augustin surtout, sont-elles des autobiographies ? On n’y apprend pas énormément de choses sur leur vie. Le texte est ailleurs. L’autobiographie, c’est la biographie de l’individu écrite de l’intérieur. C’est le courant intérieur de la vie, le flux.
- Je veux écrire des livres tristes et chastes, où il n’y aura que des paysages, des fleurs, du chagrin, de la fierté, et la candeur des animaux charmants qui s’effraient de l’homme.
- Tachez donc de n’avoir pas toujours raison», écrit, en 1752, voltaire à Frédéric II. C’est ce qu’on a envie de dire à Voltaire, dont chacune des trois mille lettres est si convaincante.