Il se jettoit à clos yeux au danger : aussi lui en cousta il la vie dedans l’isle de Chio.
Traducteur, 1513-1593 Image : Furmeyer, Domaine public, Wikimedia Commons Il se jettoit à clos yeux au danger : aussi lui en cousta il la vie dedans l’isle de Chio.
Traducteur, 1513-1593 Image : Furmeyer, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Oeuvres de Plutarque traduites du grec
Le texte original diffère de quelques mots.
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Et une fois, il fut frappé d’apoplexie, foudroyé sur les ruines de son entreprise.
Incapable de s’ajuster à la vie contemporaine qui le pénétrait de dégoût, il résidait au fond de son propre cœur, tel que, dans son antre, un dragon d’avant le déluge, inconsolable et hagard de la destruction de son espèce.
L’étonnant, c’est qu’il ait souffert si longtemps : il usurpait sa vie.
Il s’asseyait sur la crèche de ses bœufs, et avait peur que la charmeuse ne lui eût ôté le courage, la raison et la santé.
La peur frappait maintenant comme un heurtoir hésitant contre chaque petit souvenir, pour trouver l’entrée des chambres secrètes de son cœur.
Desesperant de pouvoir jouir de ses amours, il se noya ; de quoy Thesaeus estant adverty, et aussi de la cause pour laquelle il s’estoit ainsi desesperé, en fut fort dolent et marry.
Ce n’est pas tant l’horreur du meurtre qui l’épouvantait : il avait peur du cadavre.
Il s’était rendu coupable de haute mécréance, un crime par la pensée, il avait rêvé de révolte, de liberté et d’une vie nouvelle au-delà des frontières.
Il délire, mais sa folie ne manque pas de méthode.
Il voulait être près des siens. Illusoire rempart à la fragilité des autres.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.