Et une fois, il fut frappé d’apoplexie, foudroyé sur les ruines de son entreprise.
Écrivain, 1866-1944Et une fois, il fut frappé d’apoplexie, foudroyé sur les ruines de son entreprise.
Écrivain, 1866-1944Partager sur
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Voyage musical au pays du passé
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L’étonnant, c’est qu’il ait souffert si longtemps : il usurpait sa vie.
Toute sa vie, il a lutté contre la meute acharnée de ses créanciers, à ses trousses depuis sa jeunesse, et le désastre financier de son imprimerie, origine de tous les embarras qui suivirent.
Il demeurait immobile, abruti d’étonnement et de souffrance…
Les tirs de barrage, le ronflement des avions, le sourd éclatement des bombes, lui martelaient le crâne.
Un pouvoir impunément bravé touche à sa ruine.
Il a donc grimpé toute sa vie vers cette crête d’où l’on aperçoit l’autre côté des choses, qui est mort et massacre avec la clangorante épopée, la chevauchée renouée des paladins modernes.
Quel endroit sinistre ! songea-t-il. Une prison sans murs, une condamnation à vie répétée en boucle. Personne n’était heureux, personne n’était quoi que ce soit ; les gens existaient, point final. C’était d’un ennui incroyable.
Parfois, il s’empêchait si fort de penser à elle, il en avait mal au ventre. Et, plié en deux, de tenir ainsi avec les mains son estomac noué, il concevait une sorte de vertige, son corps lui-même se révoltait contre, à proprement parler, sa volonté.
C’était si dégoûtant qu’on lui a shooté dedans, un coup chacun, et alors, à la place de chanson et de vomi, c’est du sang qui est sorti de sa vieille rote dégueulasse. Et puis on a continué notre chemin.
Il se jettoit à clos yeux au danger : aussi lui en cousta il la vie dedans l’isle de Chio.

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