Il s’était rendu coupable de haute mécréance, un crime par la pensée, il avait rêvé de révolte, de liberté et d’une vie nouvelle au-delà des frontières.

Il s’était rendu coupable de haute mécréance, un crime par la pensée, il avait rêvé de révolte, de liberté et d’une vie nouvelle au-delà des frontières.

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2084 : la fin du monde
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Il avait été toute sa vie un grand séduit beaucoup plus qu’un vulgaire séducteur.
La conscience vient au jour avec la révolte.
Il eut une révélation soudaine. Il comprit tout à coup le caractère fastidieux de la vie où tout sentier représente l’imprévu et dont une part importante se passe à surveiller ses pas.
Même éveillé, il garda ses rêves serrés contre lui. Ils lui rappelaient qui il était et ce qu’il voulait faire de sa vie. Ses rêves lui diraient quoi faire. Comment trouver sa place dans ce monde.
Il avait vu assez d’épaves des guerres civiles de Chine et de Sibérie pour savoir quelle négation du monde appelle l’humiliation intense ; seuls, le sang opiniâtrement versé, la drogue et la névrose nourrissent de telles solitudes.
Le silence, pour le criminel, retentit du cri de sa conscience, et la solitude se peuple de ses remords.
À l’égard du malheur qui tourmente la vertu, l’infortuné que le sort persécute a pour consolation sa conscience, et les jouissances secrètes qu’il retire de sa pureté le dédommagent bientôt de l’injustice des hommes.
La promesse et le conditionnel, l’injustice et la peur se sont alliés dans le meurtre du futur.
Fruit sec des concours, il regrettait Paris, et c’était la conscience de sa vie manquée qui lui donnait un air morose.
La terreur qu’il répandait était telle, que non seulement les gens du pays ne lui parlaient pas, mais qu’ils évitaient de parler de lui. On disait seulement : « Il a été en justice. ».

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