Le grand courage, c’est encore de tenir les yeux ouverts sur la lumière comme sur la mort.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons Le grand courage, c’est encore de tenir les yeux ouverts sur la lumière comme sur la mort.
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L'envers et l'endroit
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Tâchons d’entrer dans la mort les yeux ouverts.
Avoir le courage de regarder sa vie en face, de n’y voir rien d’ajusté, rien d’harmonieux. Le courage de tout casser, de tout saccager.
Faire son deuil, c’est lancer une poignée de vie dans les yeux de la mort. On sait qu’elle n’en sera aveuglée qu’un bref instant, mais cela nous fait du bien.
La mort ferme les yeux des morts et ouvre ceux des survivants.
On parle du courage d’un condamné à mort qui marche jusqu’au lieu de l’exécution : il en faut parfois autant pour garder une façade acceptable en allant au-devant de la souffrance quotidienne.
L’émerveillement n’est pas l’oubli de la mort, mais la capacité de la contempler comme tout le reste, comme l’amer et le sombre : dans la brûlure d’une première fois, dans la fraîcheur d’une connaissance sans précédent.
Pour moi, ce chemin vers la mort est lumineux, c’est une libération.
Le courage est comme une épée de lumière qu’il faut apprendre à manier. Ne dit-on pas : Prendre son courage à deux mains ?
Il y a assez de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir, et assez d’obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire.
Regarder quelque chose comme si nous ne l’avions jamais vu auparavant demande beaucoup de courage.

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