Il faut se croire aimé pour se croire infidèle.
Poète, 1639-1699Il faut se croire aimé pour se croire infidèle.
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Andromaque (1667), acte IV
… Je rends grâces au ciel que votre indifférence De mes heureux soupirs m’apprenne l’innocence. Mon cœur, je le vois bien, trop prompt à se gêner, Devait mieux vous connaître et mieux s’examiner. Mes remords vous faisaient une injure mortelle;Il faut se croire aimé pour se croire infidèle.Vous ne prétendiez point m’arrêter dans vos fers: Je crains de vous trahir, peut-être je vous sers. Nos cœurs n’étaient point faits dépendants l’un de l’autre: Je suivais mon devoir, et vous cédiez au vôtre: Rien ne vous engageait à m’aimer en effet.
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Car l’amant s’aveugle sur ce qu’il aime ; il juge mal de ce qui est juste, bon et beau, quand il croit devoir toujours préférer ses intérêts à ceux de la vérité.
Aimer quelqu’un, c’est lui donner de l’importance à ses propres yeux, l’aider à croire en lui-même.
Aimer, c’est échapper au doute, c’est vivre dans l’évidence du cœur.
Vouloir oublier quelqu’un, c’est y penser. L’amour a cela de commun avec les scrupules, qu’il s’aigrit par les réflexions et les retours que l’on fait pour s’en délivrer. Il faut, s’il se peut, ne point songer à sa passion pour l’affaiblir.
Croire ce doit, être vouloir croire.
Aimer, c’est donner raison à l’être aimé qui a tort.
L’amour, le bonheur, la justice… On essaie de donner des noms à des réalités qui nous échappent. L’amour, si ça existe, ça doit être simplement se trouver avec quelqu’un et se sentir bien.
Aimer, c’est donner raison à l’absurde.
Ce vice littéraire qui consiste à se forcer à aimer ce qu’on se croit obligé d’admirer.
Rien ne rend si aimable que de se croire aimé.

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