Une extraordinaire enfance semblait sourdre sur ses traits de toutes les meurtrissures creusées par la fatigue et l’insomnie, et un sentiment exalté de victoire m’envahit soudain ; ce visage que j’emportais dans mon songe vivait comme il n’avait jamais vécu.

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Le rivage des syrtes

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[Paris] : J. Corti, 1951
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15 octobre 2026
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  1. Mon affinité avec la mort a commencé dès mon plus jeune âge ; non pas par excès de morbidité mais par conscience de la finitude et plus exactement de Ma finitude. Mon corps d’enfant contenait à lui seul tous les signes infaillibles d’un défaut d’infini.
    Nina Bouraoui Source vérifiée Poing mort (1992)
  2. Une folie a cueilli la beauté de l’enfance, la joie de la jeunesse.
    Monseigneur Luc Ravel
  3. Bouleversé, je pleurai. Je pleurai de la peur que ma mère avait eue pour ma vie, peu m’importait, ces larmes se chargeaient d’une douleur autrement profonde, lourde, si elles me débordaient c’est que ces larmes en moi touchaient enfin l’extrémité des choses, l’extrémité de toute la vie.
    Source vérifiée Ma mere
  4. Sur ses traits fins se lisait même une expression d’angoisse, comme si la griffe ancienne de la souffrance restait plantée dans ce bonheur trop neuf.
    Source vérifiée Les Thibault
  5. Me levant en ruisselant au milieu de la nuit, contaminé par l’effroi qui régnait perpétuellement entre nos murs, je réveillai un de ces deux parents. Une enfilade de coups s’ensuivait alors et tout le monde trouvait alors le sommeil.
    Source à vérifierOrléans (2019)
  6. Pour la première fois, j’associais alcool et ravage, maladie, naufrage, méchantes paroles, violence, dépendance et mort. Je fus alors effleuré par une tristesse qui ne me quitta plus.
    Source vérifiée L’homme qui ment (2015)
  7. On va mettre ça sur le compte de la fatigue mais je me suis surprise à patauger dans la guimauve. Grosse bouffée de tendresse pour ces trois-là et intuition que nous étions en train de vivre nos dernières tartines d’enfance…
    Source vérifiée L’echapee belle
  8. La vie me bouleverse comme un papier de soie si fin qu’un regard trop pesant suffirait à le déchirer. La vie me comble d’être aussi parfaitement menacée. Le déchirement me donne joie et rire.
    Source vérifiée L’épuisement (1994)
  9. Je ne me sens toujours pas intégré dans la vie normale. Les camps de concentration m’ont rendu prématurément blasé, m’ont fait perdre tout sentiment violent de peur, d’amour ou de joie.
    Source à vérifierFils du brouillard (2001)
  10. C’était une vieille crainte, une crainte qui ne m’était jamais passée : la peur qu’en ratant des fragments de sa vie, la mienne ne perde en intensité et en importance.
    Source vérifiée L’Amie prodigieuse, tome 1 : Enfance, adolescence (2014)
« Une extraordinaire enfance semblait sourdre sur ses traits de toutes les meurtrissures creusées par la fatigue... » — Julien Gracq

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Julien Gracq. (s.d.). Le rivage des syrtes. Édition consultée : [Paris] : J. Corti, 1951.
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Julien Gracq. Le rivage des syrtes. s.d.. Édition consultée : [Paris] : J. Corti, 1951.