Si Descartes a voulu, contre toute apparence, que les animaux fussent des machines…
Écrivain, 1844-1924 Image : Nobel Foundation, Domaine public, Wikimedia Commons Si Descartes a voulu, contre toute apparence, que les animaux fussent des machines…
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Le Petit Pierre (1918), chapitre 26
Si Descartes a voulu, contre toute apparence, que les animaux fussent des machines, il faut l’en excuser, puisque sa philosophie l’y obligeait et qu’un philosophe soumettra toujours la nature qui lui est étrangère à son système qui est sorti de lui. Il n’y a plus de cartésiens; peut-être y a-t-il encore des gens pour dire que les animaux ont de l’instinct et que l’homme a de l’intelligence. Dans mon enfance, cela se professait couramment. C’est une bêtise. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Si le Créateur n’avait pas tout ordonné pour le mieux, du moins avait-il accordé un don inestimable aux animaux, en les privant de la faculté inquiétante de réfléchir sur l’avenir.
Tels les hommes sortent primitivement du règne animal, – au sens étroit, – tels ils entrent dans l’histoire : encore à demi animaux, grossiers, impuissants encore en face des forces de la nature, ignorants encore de leurs propres forces ; par conséquent, pauvres comme les animaux et à peine productifs qu’eux.
Les animaux nous apprennent que le monde humain, sans cesse inventé, restera sans cesse à inventer. C’est dans ce travail de création que réside notre transcendance et notre aptitude à la folie. Car la folie, c’est peut-être le prix de notre liberté.
Le clonage c’est idiot, il faut laisser faire la nature : si on ne passe pas l’aspirateur sous le lit, les moutons se reproduisent tous seuls !
Nous marchions à pas légers, muets, pour n’effaroucher aucun dieu, ni le gibier, écureuils, lapins, chevreuils, qui folâtre et s’ébroue.
Il faudrait faire pour le cœur ce que Descartes a fait pour l’esprit : table rase, puis, une construction originale.
S’il fallait tenir compte des services rendus à la science, la grenouille mériterait la première place.
Debré est nul. Il voulait donner son corps à la Science, mais la Science a pas voulu.
Les perdreaux vont par bandes et nichent ensemble aux creux des sillons, pour s’enlever à la moindre alerte…
Les animaux sont comme des bêtes. D’où leur nom. Ne possédant pas d’intelligence supérieure, ils passent leur temps à faire des bulles ou à jouer dans l’herbe au lieu d’aller au bureau.

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