La critique révolutionnaire condamne le roman pur comme l’évasion d’une imagination oisive.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons La critique révolutionnaire condamne le roman pur comme l’évasion d’une imagination oisive.
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L'Homme révolté (1951)
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Je ne comprends pas qu’ils ne sachent pas au moins garder le silence devant une œuvre d’une telle beauté, beauté irritante, peut-être exaspérante même, parce que l’auteur, avec tout son génie, touche à des choses très graves avec une sorte d’insolence qui fait peur.
Faute de pouvoir adapter un vocabulaire périmé, le Critique condamne.
Tout en remarquant l’ilotisme auquel est condamnée la jeunesse, nous étions étonnés de la brutale indifférence du pouvoir pour tout ce qui tient à l’intelligence, à la pensée, à la poésie.
Et pourtant sa pensée, déjà rebelle, opposait une résistance sournoise, biaisait vers les images délirantes.
Ne cède pas à l’imagination, c’est toujours le pire, elle ne sert que la littérature.
C’est un tort de lire un livre avant d’en faire la critique. Ca donne des préjugés.
Le décousu et l’absurdité de la rédaction indiquent quelque chose de plus que la difficulté d’exprimer sa pensée.
La critique n’est que l’art de jouir des livres.
La critique est osée, mais l’art a des ficelles.
S’il s’agissait d’un roman, le plus brillant écrivain lui-même pourrait-il réussir à faire croire à ses lecteurs qu’aussi peu de temps avait suffi à soumettre l’orgueil et à surmonter les préjugés ?

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