Elle chantait des couplets stupides : Le mal aux dents C’est l’mal d’amour On croit qu’ ça va durer toujours Et puis ça passe.
Source : Amours Amour (1967)
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
Elle chantait des couplets stupides : Le mal aux dents C’est l’mal d’amour On croit qu’ ça va durer toujours Et puis ça passe.
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Mal de dents, mal d’amour. Cette ridicule affection ne peut donc pas se passer de bandeau ?
Le cœur d’une femme est un noyau de pêche. On la mord à pleine bouche, et, tout à coup, on se casse les dents.
L’amour, croyait-elle, devait arriver tout à coup, avec de grands éclats et des fulgurations, ouragan des cieux qui tombe sur la vie, la bouleverse, arrache les volontés comme des feuilles et emporte à l’abîme le cœur entier.
Elle a jeté des ponts par-dessus l’Atlantique
Elle a quitté son nid pour un autre terroir
Et comme une hirondelle au printemps des musiques
Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs.
Elle venait de lui cracher à la figure une haine qui n’était que l’autre face de l’amour.
Le temps de la souffrance était révolu, et pourtant elle aurait voulu qu’il n’en fût rien, elle aurait voulu qu’il en restât toujours une trace – une grimace de douleur, un frisson, une partie de sa colère non encore assouvie.
Voilà mademoiselle qui s’enferme à double tour. Bien sur qu’elle a peur de la Bête du Bon Dieu.
Elle disait avec soulagement : La nuit est enfin finie (elle a souffert la nuit, seule, chose atroce).
Adieu, qu’elle dit, à la coprologie. Toute sa vie fourrer son nez dans les fèces des nouveau-nés merci bien.
Dans le chant, la voix se quitte : c’est toujours une absence que l’on chante. Le temps de chanter est la claire confusion de ces deux saisons dans la vie : l’excès et le défaut. Le comble et la perte.

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