Il l’aimait bien mais à petites doses. Il fractionnait son cœur comme des parts de gâteau.
PhilosopheIl l’aimait bien mais à petites doses. Il fractionnait son cœur comme des parts de gâteau.
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La maison des anges
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Depuis trois mois, il l’enveloppait dans l’irrésistible filet de sa tendresse. Il la séduisait, la captivait, la conquérait. Il s’était fait aimer par elle comme il savait se faire aimer. Il avait cueilli sans peine son âme légère de poupée.
Rien n’était si gai que son humeur : il entendait la raillerie et il aimait à railler ; il y brillait même, et il avait le talent de l’épigramme.
Une sorte de poésie se dégageait de tout son être, qui venait, je crois, de ce qu’il se sentait faible et cherchait à se faire aimer.
Parfois, il s’empêchait si fort de penser à elle, il en avait mal au ventre. Et, plié en deux, de tenir ainsi avec les mains son estomac noué, il concevait une sorte de vertige, son corps lui-même se révoltait contre, à proprement parler, sa volonté.
De tempérament un peu sec, son cœur ne fournit pas à sa pensée un aliment suffisant.
Il l’aimait avec ses doutes, son désespoir, il l’aimait depuis le plus sombre de lui-même, au cœur de ses lignes de faille, dans la pulsation de ses propres blessures. Il l’aimait avec la peur de la perdre, tout le temps.
Le cœur, il en faut beaucoup pour aimer un peu.
Il s’était considéré comme un crétin il en était venu à l’accepter en tant qu’élément de sa vie.
Deux étions et n’avions qu’un cœur.
Les yeux dans les yeux, il prit son sourire et le lui rendit.

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