Il s’était considéré comme un crétin il en était venu à l’accepter en tant qu’élément de sa vie.
RomancierIl s’était considéré comme un crétin il en était venu à l’accepter en tant qu’élément de sa vie.
RomancierPartager sur
Source vérifiée
Blaze
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Il avait été toute sa vie un grand séduit beaucoup plus qu’un vulgaire séducteur.
C’était quelqu’un d’ouvert, d’heureux, d’épanoui et de confiant, qui croyait en la bienveillance divine, la sainteté du mariage, et la bonté innée de la nature humaine. Sa stupidité ne s’arrêtait pas là.
Il avait pour lui le respect d’un homme qui a pesé la vie dans tous les trébuchets du mépris et qui trouvait que rien n’est plus beau, après tout, que la force humaine écrasée par la stupidité du destin.
C’était un joueur de la grande espèce, un homme dont la vie (véritable fantasmagorie d’ailleurs) n’avait de signification et de réalité que quand il tenait des cartes…
Il avait, tout léger qu’il était et sans que cela coutât rien à sa gaieté, une certaine façon d’être, imposante, digne, honnête et bourgeoisement altière ; et son grand âge s’y ajoutait.
En fait, c’était simple d’être aux commandes de sa vie.
Il avait fait plus que de rendre justice à la docilité de Fénelon, il l’avait prédite ; les âmes droites et pures se connaissent et se devinent.
Il commença à se dire qu’il ne regrettait pas d’avoir eu une vie si tourmentée : il y avait gagné de l’expérience.
Il avait eu tout ce dont un enfant, tout ce dont un homme peut rêver pour commencer sa vie du bon pied. Il aurait aimé la finir de la même manière.
Son sens véritable de la vie : la vie sans dignité. Etre vivant suffisait à son bonheur.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.