Le cœur, il en faut beaucoup pour aimer un peu.
Écrivain, 1895-1972 Image : Jacques-Émile Blanche, Domaine public, Wikimedia Commons Le cœur, il en faut beaucoup pour aimer un peu.
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Carnets, 1930-1944
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Quand l’amour s’est rendu maître d’un cœur, ce cœur ne connaît plus d’autre félicité que l’amour.
Le véritable amour, dès que le cœur soupire, instruit en un moment de tout ce qu’on doit dire.
Aimer, c’est échapper au doute, c’est vivre dans l’évidence du cœur.
L’amour trop souvent N’offre aux cœurs abusés qu’un bonheur décevant.
L’amour est petit, il n’y en a que pour un ou une, et attention ! Toute tentative pour dire que le cœur est plus grand que cela est considérée comme maudite.
Le véritable amour ne peut se passer du cœur, et dure autant que les rapports qui l’ont fait naître.
Quelle grande chose, être aimé ! Quelle chose plus grande encore, aimer ! Le cœur devient héroïque à force de passion. Il ne se compose plus que de rien de pur ; il ne s’appuie plus que sur rien d’élevé et de grand.
Le cœur tranquillisé et assaini peut seul concevoir un grand amour et l’entretenir fort, même dans la douleur de l’absence.
C’est bien le cœur qui nous tient debout, mais pas parce qu’il bat, simplement parce qu’il aime.
Car la douleur qui me serre le cœur raffermit, à chacun de ses battements, ma certitude qu’il est impossible d’autant aimer quelqu’un et de le perdre pour toujours.

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