Elle vit l’effroi sur le visage de sa sœur et s’en sentit gagnée par une sorte de panique.
Écrivain, 1900-1998Elle vit l’effroi sur le visage de sa sœur et s’en sentit gagnée par une sorte de panique.
Écrivain, 1900-1998Partager sur
Source vérifiée
Adrienne Mesurat
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Elle revêtait sa peur d’un déguisement pour pouvoir la regarder… Elle la baptisait fièvre, rats, chômage. Le vrai visage qui restait tabou était la mort.
La peur, ça s’apprend, disait ma mère, surtout si on ne l’a pas dans le sang.
Ma mère, quand elle a arrêté de me faire peur, a commencé à me faire honte.
Et ce qu’on ne voyait pas, ça faisait toujours plus peur.
Elle pleure parce que son cœur s’est remis à battre aujourd’hui alors qu’elle n’y croyait plus depuis longtemps. Elle a eu une vie plus dure que ce qu’elle aurait imaginé. Elle a surtout connu la solitude.
Harcelée par les reproches de ses parents, elle était prête à sombrer dans un amer défaitisme.
Au repos, l’expression de Valérie était d’une tristesse tendre, et Ferral se souvenait que la première fois qu’il l’avait vue il avait dit qu’elle avait un visage brouillé, – le visage qui convenait à ce que ses yeux gris avaient de doux.
Voilà mademoiselle qui s’enferme à double tour. Bien sur qu’elle a peur de la Bête du Bon Dieu.
Entre lui et le frère de celle qu’il aimait, des dissidences violentes d’opinion avaient éclaté.
Qui a tété la vie connaît le sein de l’angoisse.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.