C’est très bien. J’aurai tout manqué, même ma mort.
Écrivain, 1868-1918C’est très bien. J’aurai tout manqué, même ma mort.
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Cyrano de Bergerac (1897), acte V
Ah! que vous a-t-on fait? Pourquoi?« D’un coup d’épée, Frappé par un héros, tomber la pointe au cœur! »… — Oui, je disais cela!… Le destin est railleur!… Et voilà que je suis tué dans une embûche, Par derrière, par un laquais, d’un coup de bûche!C’est très bien. J’aurai tout manqué, même ma mort.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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En fait, au fond, toujours ceci : comme si j’étais comme mort.
Et pourtant, me réveillant en sursaut et me répétant soudain que tu es mort, j’ai cette sensation terrible de ne plus exister, que toutes ces années sont tombées en poussière et qu’il ne reste plus rien d’important à vivre d’autre que le souvenir de nous.
Je suis vivant, bien portant et indifférent aux rumeurs sur ma mort. Mais si j’étais mort, je serais le dernier au courant !
Ma mort est comme une sentinelle, lasse de tout ce qu’elle a pris.
Mes morts étaient les meubles ôtés qui avaient fait l’harmonie de ma maison. Comme leur présence physique, tout à coup, m’a manqué ! Et comme je me suis manqué en leur absence !
J’aurais aimé mon état, je l’aurais honoré peut-être, et après avoir passé une vie obscure et simple, mais égale et douce, je serais mort paisiblement dans le sein des miens.
Une seconde après ma mort, j’aurai oublié tous ces éléments qui ont fait ma vie. Cela n’empêche pas que, au cours de cette vie, l’itinéraire que j’aurai emprunté, les décisions que j’aurai prises importent.
De mourir ça ne me fait rien. Mais ça me fait peine de quitter la vie.
J’en ai connu mille bonheurs et souffert ensuite mille morts. Mais je n’ai jamais pu tirer de cette aventure des idées générales.
J’ai moins peur de mourir que d’être oublié.

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