Toute cette quinzaine je me suis demandé si, étant donné l’amitié qui nous lie, Tristan et moi, j’allais accomplir un acte de courage ou de lâcheté.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Toute cette quinzaine je me suis demandé si, étant donné l’amitié qui nous lie, Tristan et moi, j’allais accomplir un acte de courage ou de lâcheté.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Journal 1887-1910 (1887)
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À cet instant où mon cœur est brisé par un abandon si cruel et une trahison si basse.
Premièrement, quelle réserve est compatible avec l’amitié qui règne entre nous ? N’est-ce pas aggraver ses chagrins à pure perte que s’ôter la douceur de les partager avec un ami ?
Pour moi, qui ne voyais point entre elle et moi de disconvenance, je pris la chose au sérieux ; je me livrai de tout mon cœur.
C’est par lâcheté qu’on perd ses amis, et pour les avoir perdus, on devient encore plus lâche.
Et l’espoir, malgré moi, c’est glissé dans mon cœur.
À force d’entendre parler de moi, je meurs d’envie de me connaître.
Tirons notre courage de notre désespoir même.
J’avais voulu croire que nous avions tout en commun, mais tu étais seule dans ta détresse.
Un jour, j’aimerais quelqu’un passionnément et je chercherais un chemin vers lui, ainsi, avec précaution, avec douceur, la main tremblante…
J’étais passé de la colère à la stupéfaction, de la stupéfaction au doute, du doute à la compréhension, de la compréhension à l’acceptation, de l’acceptation à la reconnaissance, de la reconnaissance à l’admiration.

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