Toute notre critique, c’est de reprocher à autrui de n’avoir que les qualités que nous croyons avoir.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Toute notre critique, c’est de reprocher à autrui de n’avoir que les qualités que nous croyons avoir.
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Journal : 1887-1910
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Les gens vous demandent des critiques, mais ils ne veulent que des éloges.
La critique est un contresens : il faut lire, non pour comprendre autrui mais pour se comprendre soi-même.
Pour être juste, c’est-à-dire pour avoir sa raison d’être, la critique doit être partiale, passionnée, politique, c’est-à-dire faite à un point de vue exclusif, mais au point de vue qui ouvre le plus d’horizons.
Le plaisir de la critique nous ôte celui d’être vivement touché de très belles choses.
L’envie d’être plaint, ou d’être admiré, fait souvent la plus grande partie de notre confiance.
On préfère un compliment menteur à une critique sincère.
Ne faisons point comme ces acteurs qui ne jouent jamais si mal que le jour où la critique est le plus éveillée. Nous n’avons point de lendemain qui nous excuse, nous.
Cherchez constamment la critique. Une critique bien pensée de ce que vous faites est aussi précieuse que l’or.
Oui, notre folie va jusque-là, de nous faire prendre pour but suprême de nos efforts l’opinion d’autrui.
Pour répéter, pour imiter, pour se fier, il suffit de se laisser aller ; c’est la critique qui exige un effort.

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