Le plaisir de la critique nous ôte celui d’être vivement touché de très belles choses.
Écrivain, 1645-1696 Image : Élisabeth Louise Vigée Le Brun / After Pierre Drevet / After Jean Dieu de Saint-Jean, Domaine public, Wikimedia Commons Le plaisir de la critique nous ôte celui d’être vivement touché de très belles choses.
Écrivain, 1645-1696 Image : Élisabeth Louise Vigée Le Brun / After Pierre Drevet / After Jean Dieu de Saint-Jean, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Les Caractères (1688), Des Ouvrages de l’esprit
Le texte original diffère de quelques mots.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
La sotte occupation que celle de nous empêcher sans cesse de prendre du plaisir ou de nous faire rougir de celui que nous avons pris ! C’est celle du critique.
Le critique est celui qui peut traduire dans une autre manière ou avec de nouveaux procédés l’impression que lui laissèrent de belles choses.
La critique peut être désagréable, mais elle est nécessaire. Elle est comme la douleur pour le corps humain : elle attire l’attention sur ce qui ne va pas.
La critique devrait, en matière de littérature, être une sorte de pédagogie de l’enthousiasme.
L’envie d’être plaint, ou d’être admiré, fait souvent la plus grande partie de notre confiance.
Cherchez constamment la critique. Une critique bien pensée de ce que vous faites est aussi précieuse que l’or.
L’irrévérence est parallèle à l’esprit de critique, la ruse à la circonspection.
Pour répéter, pour imiter, pour se fier, il suffit de se laisser aller ; c’est la critique qui exige un effort.
Toute notre critique, c’est de reprocher à autrui de n’avoir que les qualités que nous croyons avoir.
Ne faisons point comme ces acteurs qui ne jouent jamais si mal que le jour où la critique est le plus éveillée. Nous n’avons point de lendemain qui nous excuse, nous.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.