La souffrance ne peut avoir de sens que quand elle ne mène pas à la mort, et elle y mène presque toujours.
Écrivain, 1901-1976 Image : Roger Pic, Domaine public, Wikimedia Commons La souffrance ne peut avoir de sens que quand elle ne mène pas à la mort, et elle y mène presque toujours.
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La Condition humaine (1933)
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La mort n’arrive qu’une fois, et se fait sentir à tous les moments de la vie : il est plus dur de l’appréhender que de la souffrir.
Ceux qui ont souffert, l’éventualité de la souffrance les fait souffrir autant que la douleur même.
La souffrance a ses limites, pas la peur.
De tant de douleur on ne saurait faire qu’une mort.
La pire douleur est celle qui, à aucune minute, ne fait espérer la mort, mais dégoûte sourdement de la vie.
On ne se tue point pour les douleurs de la goutte ; il n’y a guère que celles de l’âme qui produisent le désespoir.
La souffrance a son côté de joie, le désespoir a sa douceur et la mort a un sens.
Pour moi, la vie a un sens. Et, si la vie a un sens, la souffrance aussi en a un, même si elle peut paraître révoltante et même incompréhensible.
L’excès de la douleur, comme l’excès de la joie, est une chose violente qui dure peu.
La douleur est inévitable, mais la souffrance est facultative.

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