Nous savons à quel désespoir Judas fut abandonné de Dieu, et à quelle fin malheureuse il s’abandonna lui-même.
Prédicateur, 1632-1704Nous savons à quel désespoir Judas fut abandonné de Dieu, et à quelle fin malheureuse il s’abandonna lui-même.
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Pensees du pere Bourdaloue
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Cène : Dernier repas de Jésus, au cours duquel il a montré qu’il savait passer l’éponge, puisqu’il ordonna à Pierre, qui hésitait à servir Judas : « Sers, pierre » !
La connaissance de Dieu sans celle de sa misère fait l’orgueil. La connaissance de sa misère sans celle de Dieu fait le désespoir.
Celui qui s’est rassasié trahit Dieu.
La mortification lui rend la mort familière ; le détachement des plaisirs le désaccoutume du corps, il n’a point de peine à s’en séparer ; il a déjà depuis fort longtemps, ou dénoué ou rompu les liens les plus délicats qui nous y attachent.
Accepter l’idée d’une défaite, c’est être vaincu.
L’humilité est la véritable preuve des vertus chrétiennes : sans elle, nous conservons tous nos défauts, et ils sont seulement couverts par l’orgueil, qui les cache aux autres, et souvent à nous-mêmes.
Amoureux et jaloux de la liberté humaine, et la considérant comme la condition absolue de tout ce que nous adorons et respectons dans l’humanité, je retourne la phrase de Voltaire, et je dis : Si Dieu existait réellement, il faudrait le faire disparaître.
Dieu a sans doute donné la venue lente de l’impuissance aux hommes pour leur apprendre à apprivoiser la mort…
Il demeurait immobile, abruti d’étonnement et de souffrance…
Tout désespoir est un ultimatum à Dieu.

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