Je sais et je sens que je n’ai pas commencé la vie et qu’il y a en moi des trésors de tendresse et de passion qui n’auront peut-être jamais l’occasion de se répandre.
Écrivain, 1804-1876 Image : Auguste Charpentier, Domaine public, Wikimedia Commons Je sais et je sens que je n’ai pas commencé la vie et qu’il y a en moi des trésors de tendresse et de passion qui n’auront peut-être jamais l’occasion de se répandre.
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Tamaris (1862), chapitre 2
— Je les aime comme je peux et plus que je ne devrais, car il est bien certain qu’aucune d’elles ne réalise mon rêve d’amour. Vous avez beau dire et croire que mon âme est dépensée en petite monnaie; je sais bien le contraire, moi!Je sais et je sens que je n’ai pas commencé la vie et qu’il y a en moi des trésors de tendresse et de passion qui n’auront peut-être jamais l’occasion de se répandre.Où est la femme idéale que nous nous créons tous? Elle existera pour nous un instant peut-être, en ce sens que nous croirons la saisir où elle n’est pas, et que nous prendrons quelque nymphe vulgaire pour la déesse elle-même; mais l’illusion ne durera pas. …
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Souvenirs ou regrets, espérance ou désir, avenir et passé se taisaient ; je ne connaissais plus de la vie que ce qu’en apportait, en emportait l’instant.
Ma réussite, si réussite il y a, ce n’est pas une réussite de ma vie. Ma vie aurait été une réussite si je l’avais poursuivi là bas ou j’étais né.
La chance que j’ai eue, c’est que je suis entré en prime et je n’en suis jamais sorti. C’est que du bonheur.
Je suis dans le présent. Je n’ai pas la recette du bonheur, mais le moteur, je crois, c’est simplement d’avoir envie.
Je suis parfois lassé par Plus belle la vie.
Devenir. Ce verbe m’avait toujours obsédée, mais c’est en cette circonstance que je m’en rendis compte pour la première fois. Je voulais devenir, même sans savoir quoi. Et j’étais devenue, ça c’était certain, mais sans objet déterminé, sans vraie passion, sans ambition précise.
On me croit pessimiste, mais ceux qui ne savent pas que je recherche avant tout le bonheur, la sainte joie de vivre, ceux-là ne me connaissent ni ne me comprennent pas du tout. Tout ce qui est triste me paraît suspect.
Il n’y a jamais eu pour moi ni barrière culturelle, ni barrière de langue, ni barrière de couleur. Ce sont la conviction, la culture, la vie, l’intelligence de l’autre qui me redonnent sans cesse espoir.
Aimer ou avoir aimé, cela suffit. Ne demandez rien ensuite. On n’a pas d’autre perle à trouver dans les plis ténébreux de la vie. Aimer est un accomplissement.
La vie m’aura servi de leçon. Je ne recommencerai pas.

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