Aimer ou avoir aimé, cela suffit. Ne demandez rien ensuite. On n’a pas d’autre perle à trouver dans les plis ténébreux de la vie. Aimer est un accomplissement.
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Aimer ou avoir aimé, cela suffit. Ne demandez rien ensuite. On n’a pas d’autre perle à trouver dans les plis ténébreux de la vie. Aimer est un accomplissement.
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Les Misérables (1862), tome 5, livre 6, chapitre 2
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Quiconque arrose dans son cœur la plante de l’Amour n’a pas un seul jour de sa vie qui soit inutile.
À quoi ça sert d’aimer, quand c’est pas réciproque, sinon à se pourrir la vie ?
La seule chose à la longue qui en vaille la chandelle, c’est d’avoir aimé.
Après le désir toujours vient l’ennui. Et il n’y a que l’amour pour venir à bout de l’ennui. L’amour, avec un grand A ; notre rêve à toutes.
On ne se fatigue pas de quelqu’un, en fait, on se fatigue d’aimer. D’éprouver de l’amour. Cela s’appelle l’expérience.
Cela est facile à comprendre. Rien ne remplit une existence comme un grand amour accompagné de doutes sur les sentiments de l’objet aimé. Tout prend alors un prix infini.
Que reste-t-il de la vie, excepté d’avoir aimé ?
Il n’est rien au monde qui vous donne plus de noblesse et plus de bonheur qu’un amour immuable, sans paroles, sans passion.
Une fois que vous aurez développé une conception de l’amour suffisamment idéale, suffisamment noble et parfaite, vous êtes fichu. Rien ne pourra, désormais, vous suffire. […] Pourtant, vous devez rester vivant – au moins un certain temps.
Et là, tout devient simple. Il faut aimer ce qui advient, « amor fati », « aime ton destin », voilà ma formule pour toute chose. C’est d’ailleurs la formule de la joie, sinon du bonheur – du moins de la conjuration du malheur.

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